Iran: L’attaque américano-israélienne visait … la Chine

Le triangle de fer "Chine-Russie-Iran" n'a pas dissuadé Trump

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Bassam Tayara

Bon l’ombre d’Israël n’est jamais loin dans toutes les actions des États-Unis en principe et des Occidentaux de façon générale… sauf en ce qui concerne la Chine.
En effet le grand timonier Xi Jinping n’arrête pas de recevoir les visites des dirigeants européens qui viennent se mettre à l’ombre commerciale chinoise pour se protéger des tempêtes des droits de douanes éructées par le puissant Donald Trump.

Or cette fois-ci, l’attaque ciblée et dévastatrice contre l’Iran vise, et à « protéger » Israël et à déstabiliser la Chine.

Xi Jinping préparait ses dossiers en prévision d’un « Grand Accord » qui devait couronner sa rencontre avec Trump à la fin de ce mois de mars. En tirant parti de la nature « transactionnelle » de Trump, Pékin pensait adopter une stratégie de « persuasion » audacieuse, utilisant la question taïwanaise comme monnaie d’échange, et proposer un « grand compromis » englobant les intérêts économiques, commerciaux et géopolitiques des »Deux Grands » (G2)!

En échange de concessions américaines sur les intérêts fondamentaux de la Chine (Taïwan et les Mers du Sud), c’est proposer de contenir l’Iran, freiner la Russie et limiter le débordement de Kim Jong-un.

L’action brutale de Trump sur les côtes des Caraïbes de Caracas a réduit de façon drastique le champ de manœuvre de Pékin.

Mais avec l’attaque de la coalition américano-israélienne sur l’Iran, le paysage géopolitique mondial subit un bouleversement le plus brutal depuis la fin de la Guerre froide. Cette attaque ne vise pas à remodeler le Moyen-Orient uniquement, mais constitue également un coup sérieux à la stratégie de Pékin quelques semaines avant la rencontre très attendue entre Trump et Xi, fin mars.

Et prouve, s’il en besoin, que la « diplomatie de négociation » si longuement cultivée et entretenue par Pékin dans sa tentative d’entraîner les États-Unis dans un « grand accord » a été réduite à néant par la force écrasante. Trump a choisi de renverser la situation, et remplacer la table des négociations par la guerre.

Dès l’arrivée de Trump à la Maison blanche, Pékin a promis à plusieurs reprises à Washington d’aider à faire pression sur l’Iran pour qu’il assouplisse ses prétentions sur le nucléaire, à limiter son industrie balistique, et ses agissements régionaux, et a même exprimé son soutien à certaines sanctions aux Nations Unies.

Mais la réalité, Pékin fut le véritable « service logistique » de la survie et de l’expansion militaire de l’Iran. Pour Washington Pékin ne contribue pas à contenir la menace, mais l’alimente. Car grâce à une coopération renforcée avec la Russie, la Chine a fourni en flux continu à l’Iran des composants électroniques de précision, des microprocesseurs de qualité militaire et des systèmes de défense aérienne avancés tels que le HQ-17AE, et la technologie radar anti-furtivité (YLC-8B) aidant ainsi l’Iran à moderniser son complexe militaro-industriel de manière significative malgré l’embargo sévère.

Plus discrètement, la Chine a assuré à l’Iran un partage de renseignements par satellite (système BeiDou) et juste avant l’intervention israélo-américaine, la Chine a délibérément diffusé des photos satellites montrant l’alignement des F-22 américains et autres déploiement des forces américaines autour du Golfe.

Trump a choisi de déclencher la guerre à ce moment précis car les États-Unis ont compris qu’attendre de Pékin une « médiation » ne ferait que donner à l’Iran un délai supplémentaire pour développer sa capacité de défense militaire, ce qui signifierait un durcissement lors des négociation. Le faux levier de négociation de Pékin s’est évaporés.

Frapper l’Iran aide Israël à se débarrasser d’une hypothétique menace, mais le deuxième tranchant de cette frappe vise également la Chine.
L’attaque sur le Venezuela a privé, en 140 minutes, Pékin de son principal pivot stratégique dans l’hémisphère occidental, mais surtout d’une de ses sources d’énergie en pétrole (4%).
L’Iran, devenait un « partenaire stratégique global » avec lequel ses forces armées et son économie sont étroitement liées par le biais de ses fournitures en pétrole (entre 13% et 15%).

Pékin pensait que le « triangle de fer Chine-Russie-Iran » suffirait à dissuader les États-Unis d’agir.

Mais le réseau de défense aérienne de Téhéran s’est révélé inefficace face aux frappes de précision de la coalition américano-israélienne, démontrant la fragilité de ce « triangle de fer » face à la force absolue.

Ceci envoie un signal clair : face aux intérêts stratégiques fondamentaux définis par les États-Unis, le statut de « partenariat » tant vanté par Pékin non seulement ne lui apporte aucune protection, mais est devenu un obstacle que les États-Unis cherchent à éliminer.

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