Iran-USA: Négociations pourquoi?
Pour l’Iran tous les « invités » à ces négociations sont des « obligés » des États-Unis, leur sécurité et leur économies dépendent du bon désir de Washington.

Bassam Tayara
Mercredi, le site bien informé Axios, citant une source arabe, annonce que des pourparlers sur le nucléaire entre les États-Unis et l’Iran devraient avoir lieu vendredi… en Turquie.
La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt a confirmé cette réunion déclarant que : « Le président Trump privilégie toujours la diplomatie, mais… en cas d’échec, il n’excluait pas la possibilité de frappes militaires, en tant que commandant en chef, disposant de nombreuses options concernant l’Iran. »
Mais l’Iran a surpris toutes les parties prévues d’y participer aux négociations: les États-Unis, l’Egypte, l’Arabie saoudite, les Emirates Arabes unis (EAU) et la Turquie, il demande le transfert de ces négociations au Sultanat d’Oman.
L’administration du président Trump avait accédé à cette demande.
Au départ cette initiative en Turquie, s’inscrivait dans le cadre de la « stratégie de voisinage » et visait à transformer les négociations en une opportunité régionale pour renforcer la coopération et la stabilité dans la région.
Or pour l’Iran tous les « invités » à ces négociations sont des « obligés » des États-Unis, leur sécurité et leur économies dépendent du bon désir de Washington.
Même si ce « voisinage » a essayé de retenir le bras armé de Trump, pour Téhéran, ce n’est pas pour protéger la République islamique, mais c’est uniquement par peur des représailles iraniennes qui peuvent les toucher surtout Riad et Abu Dhabi.
Pour l’Iran la présence des EAU autour de la table signifierait doubler la présence d’Israël avec les États-unis. L’Egypte, la Turquie et l’Arabie saoudite malgré leurs rapprochements ces dernières semaines ils ne pèseront pas lourd devant ce couple Washington-Tel Aviv.
La Turquie, qui abrite la plus grande base américaine dans la région, n’a nullement peur des représailles iraniennes. Elle aurait même aidé à contenir les Kurdes qui essayaient avec des Moudjahidines – opposants irréductible au régime des mollahs, de s’emparer des villes dans l’Ouest iranien pour appuyer les émeutes de janvier, car elle ne voudrait surtout pas la dislocation de l’Empire perse.
A Oman les Iraniens se sentiront à l’aise à afin de consolider les précédents cycles de pourparlers menés dans ce pays du Golfe concernant leur programme nucléaire. Et surtout ils seront à l’abri des pressions de ce voisinage, et ils ont prévenu, d’après un diplomate européen, que seuls les Américains devront être autour de la table.
Le programme des négociations n’est pas encore élaboré… et pour cause chaque partie à sa liste des « exigences-demandes ».
Les États-Unis en ont quatre principales :
1) Le démantèlement de la totalité du programme nucléaire sous contrôle de AIEA et des inspecteurs américains;
2) Une réduction drastique du programme balistique à la demande d’Israël;
3) L’encadrement de la vente du pétrole sous contrôle américain (cf. Vénézuéla);
4) Le lâchage des « proxis » (le Hezbollah au Liban et les Houthies au Yémen).
Or l’Iran ne met à table que deux concessions:
1) La remise à la Russie des 417 kg du « cake jaune » soit l’uranium enrichi au-dessus de 60%, tout en gardant la possibilité d’avoir un nucléaire « pacifique »;
2) Une ouverture sur les modalités d’exportation du pétrole à discuter.
D’autre part, l’Iran qui considère qu’il est sous la menace permanente, n’accepte pas de discuter de son industrie balistique.
Mais un « absent-et-présent à la fois » Israël a une demande, se débarrasser de ce régime menaçant. Cette demande est soutenue et appuyée par l’Union Européenne, surtout la France qui ne comprend pas que les massacres de janvier passent sous silence.
Jean Noël Barrot l’a répété il faut «mettre fin à cette répression sanglante, de libérer les prisonniers, de rétablir les communications, rendre sa liberté au peuple iranien» et puis «traiter des questions du nucléaire, des missiles, et du soutien aux organisations terroristes» ce qui ne peut mener qu’à un renversement du régime théocratique.

