Japon: Avant les élections une absence des références au conflit russo-ukrainien
Le Parti libéral-démocrate (PLD) japonais a-t-il modifié son programme électoral?

Bassam Tayara
Un sondage publié la semaine passée dans le journal Nikkei a révélé que la cote de popularité du gouvernement de la Première ministre « Sanae Takaichi » est passée sous la barre des 70 % pour la première fois depuis son entrée en fonction en octobre dernier, chutant à 67 % contre 75 % en décembre.
Est ce ce sondage qui a le Parti libéral-démocrate (PLD) japonais a modifier son programme électoral?
Les observateur ont remarqué l’absence des références explicites au conflit russo-ukrainien et son remplacement par un discours plus général sur la « protection de l’ordre international face aux défis géopolitiques ».
Dans les éléments de langage précédents les élections à venir le 8 février, on trouve un discours plus général sur la « protection de l’ordre international face aux défis géopolitiques », et ont disparu toutes les références directes à la « coopération avec la communauté internationale sur les sanctions contre la Russie » et au « soutien à l’Ukraine » .
Le programme du parti, publié affirme que « face aux tensions géopolitiques actuelles, notamment l’expansion militaire de la Chine, le développement de missiles nucléaires par la Corée du Nord et le conflit en Ukraine, le Japon fera face aux menaces réelles avec calme et détermination ».
Et d’ajouter: « Nous œuvrerons à la protection de la vie et des biens de nos citoyens, ainsi que du territoire, des eaux territoriales et de l’espace aérien du pays.»
À l’inverse du programme du parti pour 2024 qui mentionnait explicitement des sanctions contre la Russie et un soutien à l’Ukraine, insistant sur la nécessité d’empêcher toute tentative de modification forcée du statu quo par des puissances dominantes comme la Chine et la Russie, et il soulignait un « soutien indéfectible à l’Ukraine ».
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement japonais et le parti au pouvoir, dirigé par Sanae Takaichi, évitent d’aborder directement le conflit russo-ukrainien. Lors d’une conférence de presse suivant la rencontre de Takaichi avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, la question a seulement été évoquée « dans le cadre des discussions ».
Depuis, Takaichi utilise des formules générales exprimant son souhait d’une « paix durable et stable en Ukraine », sans recourir à une rhétorique virulente contre la Russie.
Ce changement, qu’on peut considérer comme remarquable, fait suite à la série de sondages publiés depuis des semaines sur la cote de popularité du gouvernement de la Première ministre Takaichi.
L’agence de presse Kyodo a publié un sondage auprès des électeurs qui a montré une baisse du soutien à la Première ministre, de 68 % à 63 %, tandis qu’un sondage du journal Mainichi a fait état d’une chute de 10 points à 57 %.
Ces sondages d’opinion indiquent un scepticisme croissant parmi les électeurs concernant les projets économiques de Takauchi, ainsi que les craintes des marchés quant à la possibilité que le Japon serait obligé d’émettre de nouveaux paquets de dettes pour financer les mesures qui ont été annoncées avec l’arrivée du PLD et qui influenceraient les rendements des obligations d’État.
Takaichi se présentera aux élections du 8 février à la tête d’un parti bien moins populaire qu’elle ne l’est personnellement. Le soutien au Parti libéral-démocrate oscille autour de 30 % dans plusieurs sondages récents. En réclamant des élections anticipées afin de s’assurer les 465 sièges de la Chambre des représentants, Takaichi entend transformer sa popularité personnelle en soutien à sa politique budgétaire expansionniste et renforcer son emprise sur le Parti libéral-démocrate au pouvoir.
Elle et son partenaire de coalition, le Parti de la régénération du Japon (Ishin), détiennent actuellement une majorité d’un siège à la Chambre.

