Trump: Début de la fin?
Sa politique trouve de moins en moins d’écho favorable parmi la population et ... les Républicains

Bassam Tayara
(Les agences et Presse-Net)
Y-a- t-il une panique dans le cercle qui entour le Président américain Trump, est ce que la mobilisation, plus ou moins populaire, annonce un début de fin de règne?
La surenchère de Trump à propose du Groenland et les menaces d’une vague de droits de douane de plus en plus élevés contre plusieurs de ses alliés européens, jusqu’à ce que les États-Unis soient autorisés à racheter le territoire autonome danois, est-ce une fuite en avant.
La politique de Trump trouve de moins en moins d’écho favorable, parmi la population mais également de plus en plus de critiques dans l’establishment politique. Le vendredi 16 janvier une délégation bi-partisane du Congrès américain (Démocrate et Républicain) a entamé, à Copenhague, une visite de soutien au Danemark et au Groenland face aux convoitises de leur président Donald Trump. Ce fut un nouveau geste de solidarité en faveur du territoire arctique. Ce geste politique fait suite à l’envoi d’une mission militaire européenne dans le froid du territoire convoité. La grande peur qui enveloppe toutes les actions opposées à cette politique c’est le risque d’un effondrement de l’Alliance atlantique.
L’avenir du « trumpisme » ne se joue pas uniquement dans les plaines du pôle Nord, il se joue également sur le sol américain.
Car la mobilisation populaire grandit et montre toujours qu’elle surmonte sa peur face aux violences et aux crimes de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). Parler de menace de destitution et même de de prison n’est plus un tabou.
D’où la surenchère de violences et de menaces, à l’extérieur par exemple sur le Groenland ou à l’intérieur avec l’immunité accordée depuis deux jours aux tueurs de l’ICE et avec une menace à peine voilée de supprimer les élections de mi-mandat déjà perdues d’après les sondages. Jamais aux États-Unis on a imaginé la suspension du Sénat et/ou du Parlement faute d’élections.
D’autres menaces sont proféré de la Maison Blanche comme de faire appel à « l’Insurrection Act » qui permettrait au Président d’imposer la loi martiale à tout le pays, avec comme première étape, le renforcement des forces de l’ICE, puis en seconde étape, prendre prétexte des troubles pour imposer la loi martiale. Ce n’est pas un rêve … pour beaucoup d’observateurs Trump serait tenté par une… dictature.
Mais conscient ou pas, la population amplifie sa mobilisation contre ce qui peut être perçu comme un coup d’État. Ces offensives dans toutes les directions inquiète sa propre base MAGA (Make America Great Again), non pas pour des questions de principe ou de Droit international, mais par manque de focalisation sur la vie quotidienne et leur pouvoir d’achat.
La grève générale au Minnesota le 23 janvier sera un point de fixation pour le lancement d’une opposition populaire et générale qui refuse tout pouvoir autoritaire ce qui constitue la base des mentalités américaines et le ciment des institutions.
L’appareil judiciaire dans plusieurs États bloque maintenant quasi toutes les décisions de Trump, mais aussi des élus du Congrès y compris républicains, qui jusque là avaient tout laissé passer, qui s’opposent maintenant de plus en plus ensemble, démocrates et républicains unis, contre Trump pour que le législatif reprenne le contrôle de l’exécutif.
Ce mouvement prend de plus en plus de l’ampleur: la deuxième semaine de janvier, soit un an après la deuxième arrivée de Trump à la Maison Blanche les député ont rejeté la volonté de son administration de réduire drastiquement le financement des agences scientifiques fédérales. Et le Sénat américain a voté également contre la volonté de Trump, l’augmentation du budget de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), à la NASA et à la Fondation nationale pour la science (NSF), et cela par 82 voix contre 15, ainsi les sénateurs ont approuvé ce budget global finançant les agences scientifiques, environnementales et connexes jusqu’au 30 septembre. Témoin d’un large soutien bi-partisan ce texte a été adopté la semaine précédente par la Chambre des représentants à une écrasante majorité (397 voix contre 28).
A l’approche des élections de mi-mandat, les députés et sénateurs se reprennent!
Parler du pouvoir d’achat des Américain serait une litanie sans fin: il y a une augmentation considérable des prix des produits alimentaires, révélé par les derniers chiffres +19,8% sur un an sur le café, 16,4% de plus sur le boeuf et le veau, + 10% pour les bonbons, + 6,9% pour les volailles et le poisson, + 5,9% pour les bananes, + 5,2% pour les billets d’avion.
De plus, fin janvier des millions d’Américains aux conditions modestes verront leurs cotisations de santé, augmentées par les effets du budget Trump, obligeant de nombreux à ne plus se soigner.
Le Président a voulu absorber ce choc il a demandé le 15 janvier aux élus républicains de « voter contre son propre budget », soit contre ce qu’ils ont voté il y a quelques semaines ce qui ne fait que rajouter à son discrédit dans son propre camp.
Mais ce qui atténue la lourdeur de l’atmosphère ce sont les anecdotes sur le Président qui se ridiculise aux yeux du monde entier en se faisant décerner le prix Nobel de la paix par sa détentrice vénézuélienne, malgré l’opposition du comité Nobel de la paix, réduisant ce prix, à un vulgaire bout de métal.

