Israël: Pourquoi les extrémistes s’attaquent aux chrétiens?

Un article dans le quotidien israélien Haaretz sous la plume de « Noa Landau » nous explique

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Bassam Tayara

La presse internationale a été en émoi ces dernières semaines suite aux attaques israéliennes contre des symboles chrétiens au Liban et en Palestine occupée.

Ces attaques viennent dans le sillage de la nouvelle de l’interdiction, par la police israélienne, au patriarche Pierbattista Pizzaballa de célébrer la messe des Rameaux à l’église du Saint-Sépulcre, un événement sans précédent « depuis des siècles ».

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, dans un communiqué, a condamné cette « insulte aux fidèles » , tandis que le président français a également dénoncé l’incident.

Cependant, ces condamnations n’ont pas apaisé les violences des colons, ni dissuadé la police de relâcher son étau autour des lieux saints.

Une vidéo diffusée sur les chaînes occidentales et les réseaux sociaux montre deux incidents reflétant un « climat général d’hostilité » envers les chrétiens en général, et les citoyens français résidant à Jérusalem-Est occupée en particulier.

Le premier incident montre un soldat israélien brisant une croix à l’entrée d’une église de Dibli, au sud du Liban.  Malgré les « excuses » du soldat après être averti par le commandant de l’unité occupant un bande dans le Sud-Liban, cet « incident » a soulevé l’indignation des chrétiens du Liban et dans le monde.

Un autre incident montre un colon agressant une religieuse dans une rue de Jérusalem, la balançant contre un rocher au milieu de la chaussée et la rouant de coups de pied. L’arrestation du colon qui a agressé la religieuse française, chercheuse à l’École française d’études bibliques et archéologiques, n’a pas apaisé les émotions surtout en Europe.

Les violences contre les chrétiens s’intensifient depuis plusieurs années. En 2023, un séminaire intitulé « Pourquoi certains Juifs crachent-ils sur les gentils ? » (gentils désignation des non-juifs !) a été organisé à Jérusalem par des chercheurs juifs désireux de comprendre les raisons de la recrudescence des attaques contre les chrétiens dans la Ville sainte.

Un article dans le quotidien israélien Haaretz sous la plume de « Noa Landau » sous le titre révélateur « L’exploitation des chrétiens se retourne contre Netanyahu »,  analyse les causes profondes du mouvement extrémiste contre les chrétiens palestiniens et non palestiniens, notamment les Français (la France étant historiquement responsable des sites chrétiens latins de Jérusalem).

L’article de Landau in extenso:
Netanyahou, a organisé un réseau de donateurs, aux États-Unis et dans d’autres régions qui a orchestré la création d’une alliance, avec la droite juive.
Le processus de construction de cette « alliance » a été complexe et tortueux, car son fondement théologique repose sur deux vérités contradictoires et difficiles à concilier :
1- Les évangéliques souhaitent l’accomplissement de la prophétie de la « fin des temps », qui conduirait finalement à la destruction d’Israël et des Juifs « infidèles » par le feu lors de la guerre de Gog et Magog.

2- La droite israélienne, en particulier ses factions les plus religieuses, a délibérément ignoré cette partie de la prophétie afin d’exploiter le soutien enthousiaste des chrétiens à la première partie, selon laquelle les Juifs du monde entier retournent en Israël et y vivent en paix et en sécurité …jusqu’à ce que Gog et Magog viennent la détruire.

Les cents et les dollars donnés par des Américains, collectés dans des boîtes de charité par le biais de « Fonds d’amitié », ainsi que les sommes avancées par les principaux donateurs du système politique américain, ceux qui ont contribué, entre autres, au « lobbying pour le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem », fut le « ciment des intérêts » sur lequel Netanyahou et ses partisans se sont appuyés pour étayer les récits théologiques conflictuels des deux groupes, ce qui a suffi à forger une alliance solide qui a considérablement étendu et renforcé le projet de colonisation.

Les principales victimes de cette « politique de la religion » ont été les Palestiniens, parmi lesquels – ironiquement – ​​se trouvent beaucoup de véritables chrétiens.

Ces deux dernières années, depuis le début de la guerre, que certains prédicateurs évangéliques ont décrite et embrassée comme la guerre de « Gog et Magog » qu’ils attendaient avec impatience, Israël a assisté à l’effondrement de « l’alliance des deux extrémistes ».

Dans un premier temps, la droite chrétienne aux États-Unis a commencé à remettre en question cette alliance avec force et détermination. En Israël, les factions nationalistes religieuses, dont le pouvoir a considérablement augmenté grâce à la nature de la coalition mise en place par Netanyahou, ont commencé à déchaîner leur colère refoulée dans des origines historiques et théologiques profondes, complexes et sanglantes, en commettant des actes de violence concrets contre le christianisme et les chrétiens.

L’auteure, « Noa Landau », conclut son article par une sorte de vision prophétique : « C’est ainsi que la vérité crue a commencé à déborder et à jaillir du chaudron bouillonnant du Moyen-Orient.» Cet article exprime au mieux les raisons de l’escalade du terrorisme juif contre les chrétiens d’Orient.

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