Liban: la France estime qu’il n’est pas trop tard

Il est évident que Macron joue un jeu à trois bandes

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Paris – Bassam Tayara :

Après une réunion de l’équipe chargé du dossier libanais, un communiqué de l’Élysée a été droit vers le but : “La France regrette que les responsables politiques libanais ne soient pas parvenus à tenir les engagements formulés au président Macron le 1er septembre 2020 selon le calendrier annoncé”, puis d’ajouter “Il n’est pas encore trop tard: chacun doit prendre ses responsabilités et agir enfin dans le seul intérêt du Liban en permettant à M. Moustapha Adib de constituer un gouvernement qui soit à la hauteur de la gravité de la situation”, ajoute la présidence française.
Les sources à l’Élysée disent que la France continue à suivre attentivement la situation au Liban et devrait poursuivre le dialogue avec les responsables politiques libanais pour parvenir à cet objectif.
Le délai donné par Macron ayant expiré mardi, des proches du Courant patriotique libre, le parti du président chrétien Michel Aoun, très présents en France, ont fait passer des messages disant mercredi que les prochaines 24 heures seraient décisives pour le Liban.
Des sources proches des organes de sécurité (très impliqués dans le dossier libanais) le disent très directement que « s’obstiner à torpiller l’initiative de la France en acculant le Premier ministre désigné Mustafa Adib à déclarer forfait, c’est pousser Macron vers où les Américains veulent le voir ». Et se demandent si Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah voit la main tendue de Paris qui a laissé de côté « tous les sujets qui fâchent au Liban » faisant allusion aux armes entre les mains de la milice chiite. Ces mêmes sources font remarquer les propos de Mike Pompéo déplorant les positions trop conciliantes de la France concernant le parti chiite « en escamotant ses liaisons avec l’Iran ».
Il est évident que Macron joue un jeu à trois bandes : 1) Sauver la paix au Liban, 2) Retenir les Européens à ne pas céder aux injonctions américaines visant à inscrire le Hezbollah – avec ses deux composantes politique et militaire – sur la liste des terroristes ; 3) Garder des lignes ouvertes avec Téhéran et préserver l’accord sur le nucléaire iranien.
Le message principal que les émissaires français vont porter au Liban est que la France estime qu’il n’est pas trop tard pour former un gouvernement qu’il faut agir pour sauver le pays.

 

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