Pour sortir le Liban de l’impasse: la France dernier recours

L'envoyé français, Patrick Dorrell, a quitté la capitale libanaise peut-on dire que la mission française à Beyrouth a échoué ?

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Hussein Ayoub

La brève visite de Dorrell est presque l’avant-dernière opportunité. La plupart des politiciens libanais, disent que l’initiative française est bien finie. On aurait dit qu’ils accueillaient leur invité français, comme une façon de « rejeter la faute sur les autres acteurs sur la scène politique libanaise ».

Il en va de même pour Dorrell : Qu’a-t-il apporté aux dirigeants libanais et quel en a été le résultat ?

Les Français estiment que le gouvernement intérimaire ne peut s’éterniser et que la situation dangereuse économique, financière et sociale est très dangereuse. Surtout tous les politiciens ne veulent pas assumer leurs responsabilités.

« C’est un chapitre de folie au Liban sans précédent dans son l’histoire ? » . Les Français ne comprennent pas encore comment les Libanais eux-mêmes ont raté l’occasion de saisir l’opportunité que leur offre le programme Cedar prévu à Paris « après la constitution d’un gouvernement » pour leur venir en aide financièrement.

Si le gouvernement de Saad Hariri avait mis en œuvre les plans de restructurations qui lui étaient demandés en 2018, dans le cadre de la conférence « Cedar » l’explosion sociale d’octobre 2019 aurait pu être reportée à 2021 ou 2022.

Mais ils ont fait le contraire.

Maintenant, la France et ses partenaires leur disent que ce qui est exigé, c’est de procéder au plus vite au paquet de réformes comme cité dans la presse française, sinon le prochain rendez-vous sera désastreux.

Donc « pas de prolongation de délai pour l’initiative française » …fini le jeu.

Les aides financières de Ceder” et du Fonds monétaire international ne viendront pas.

Mais le plus dangereux est que l’aide humanitaire ne parviendra pas au Liban. « Nous ne pouvons exclure que la farine. Nous laisserons la farine arriver pour que le peuple libanais n’ait pas faim ! ».

La position française pose un problème auquel la plupart des politiciens libanais ne prêtent pas attention. La crise libanaise s’est internationalisée.

 

Cette fois « l’internationalisation » peut avoir des aspects positifs et négatifs. Cette internationalisation est apparue avec l’explosion qui a détruit la capitale du Liban le 4 août.

Le délégué français comptait sur trois rencontres : la Présidence de la République Aoun, le Premier ministre désigné Hariri et Gebran Bassil le chef du mouvement patriotique libre et beau fils de Aoun. Le président de la République a invité le Français à traiter avec Basile et Hariri. Il lui a demandé de les réunir et il accepterait ce sur quoi ils se seraient mis d’accord.

Il a rencontré Patrick Dorrell Bassil. Ce qui a été dit à cette session restera le secret des Français … pendant un certain temps. Mais on peut résumer pas de prolongation de l’initiative française.

Le contenu du message français aux responsables libanais était très dur.

La France est le passage obligé de tout accord sur les ministres des portefeuilles des Finances, de l’énergie, des communications et des travaux publics, ce qui signifie que toute entente selon laquelle un ministre ou un ministre prendrait en charge l’un de ces portefeuilles sera conditionnée par l’approbation des Français (très probablement, les Français présenteront quelques noms aux Présidents de la république et du gouvernement).

Deuxièmement, les Français ont convaincu Hariri qu’il fallait adopter une nouvelle approche pour constituer la liste du gouvernement, qu’il est censé porter cette semaine au Président de la République. Cette nouvelle formulation devra être fondée sur l’adoption de nouvelles normes de d’affiliation des ministres.

  • Un gouvernement de spécialistes indépendants nommés par les parties, mais il n’est pas permis d’avoir parmi eux des personnes soupçonnées d’être impliquées dans des dossiers de corruption ;
  • Ne plus appliquer la rotation des maroquins ministériels, c’est-à-dire de garder les finances entre les mains des chiites, l’intérieur entre les mains des sunnites et la défense entre les mains des orthodoxes et les affaires étrangères entre les mains des maronites.
  • Cela conduira à l’adoption d’une norme unifiée concernant la nomination des ministres. Si le Premier ministre décide de nommer les 18 ministres, la règle s’applique à tous les ministres, avec un droit de “veto” aux forces politiques sur les noms des ministres choisis.
  • La France devra être le passage obligatoire et donner son accord pour tout accord sur les ministres des portefeuilles des finances, de l’énergie, des communications et des travaux publics, (sources de corruption). Il est fort probable, les Français présenteront quelques noms.
  • Il n’y a pas de «veto» à l’encontre de toute personne libanaise répondant aux spécifications générales voulues pour ces postes de ministre (indépendance, spécialiste, compétence, non impliquée dans un dossier de corruption, etc…).

Patrick Dorrell soumettra à Emmanuel Macron, ce jour (lundi 16) son rapport de mission, et à la lumière de celui-ci, la diplomatique (cellule politico-économique concernée par le dossier libanais) dirigée par Emmanuel Bonn se réunira pour présenter une série de propositions.

Peut-on dire que l’adoption de la nouvelle feuille de route par Hariri signifie que le gouvernement naîtra dans quelques jours ou deux semaines comme prévu ?

Jusqu’à présent, Hariri n’a pas pris la décision de communiquer avec Gebran Bassil. Quant à ce dernier il attendrait la nouvelle administration américaine, les Américains, lui ayant imposer des sanctions.

La question : Les Français ont-ils des outils de pression similaires à ceux de Washington contre Basil et d’autres politiciens libanais ?

Personne n’a la réponse à part les Français eux-mêmes !

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