Une décennie stérile: Le Printemps arabe revient

Tous les indicateurs montrent des révolutions éclateraient soudainement et avec beaucoup plus de force et d'élan que celles de 2010.

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Bassam Tayara

Une décennie nous sépare des débuts de ce qui fut appelé « Le Printemps arabe », les conditions sont toujours présentes pour une nouvelle flambée car … rien n’a changé. Tout indique qu’une nouvelle vague de révolutions arabes va bientôt éclater.

Les régimes arabes au pouvoir, contestés par leurs populations, ont réussi à contenir les nombreuses révolutions et bouleversements sur une décennie, mais les facteurs qui contribuent à déclencher de nouveaux mouvements de contestation sont toujours présents.

Tous les indicateurs montrent des révolutions éclateraient soudainement et avec beaucoup plus de force et d’élan que celles de 2010. Une analyse de l’état de pressions que vivent les populations arabes conduit au seul adage : les mêmes causes produiront les mêmes réactions.

Les systèmes de gouvernement qui prévalent dans tous ces pays arabes n’ont pas changé d’un iota leur comportement ni leurs systèmes de gouvernance qui n’apportent aucune amélioration aux populations. Le clientélisme qui soutient les oligarchies basées sur la corruption et le laisser-faire a réapparu sous la forme du passé.

Les prochaines vagues du printemps arabe varieront en fonction des circonstances de chaque pays. Mais des facteurs très importants forment un dénominateur commun à ces futures révolutions qui ne manqueront pas de faire une éruption soudaine et violent. Parmi ces facteurs il y la démographie galopante couplée à l’incapacité des systèmes gouvernementaux à fournir les services adéquats et à répondre aux besoins des masses arabes.

Un autre facteur est l’influence croissante des sites de communication et les réseaux sociaux qui ont créé un genre de solidarité collective qui ratisserait la voie à l’explosion de mouvements de protestation populaire à grande échelle avec une grande force dans ce monde arabe. Le rejet du principal slogan qui a contribué à dégonfler la grogne des masses arabes à savoir « vivre sous des dictatures vaut mieux que le chaos » ne prend plus.

S’ajoute à cela la propagation de l’épidémie de Corona qui a mis à nu tous les systèmes de protections sanitaires défaillants reflétant la défaillance des gouvernements.

L’ancien secrétaire américain à la Défense James Mattis, dans son dernier livre « Call Sign Chaos : Learning to Lead » ( Code chaos : apprendre à diriger – Éditions Alisio), a bien décrit ce phénomène qui mène à la révolution et nous invite à remarquer que les sites de médias sociaux pendant le Printemps arabe ont démontré qu’il n’était pas nécessaire d’être membre d’une organisation pour agir efficacement et collectivement. Il a souligné que tout indique que les masses arabes ne sont pas intéressées à faire partie des règles du jeu que les régimes au pouvoir insistent pour imposer.

Alors à quand l’explosion ?

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