Iran: Vous avez aimé le père … vous allez adorer le fils
La désignation de « Mojtaba Khamenei » fils de « Ali Khamenei »marque un tournant radical
Presse-Net (Correspondance)
La désignation de « Mojtaba Khamenei » fils de « Ali Khamenei » comme troisième Guide suprême de la République islamique, suite à l’assassinat de son père, marque un tournant radical dans la structure du régime iranien.
Premièrement, cette « promotion » annonce la transformation de l’Iran en monarchie théocratique : le choix du fils pour succéder à son père rompt avec le principe fondateur de la révolution de 1979, qui s’opposait au pouvoir héréditaire (la monarchie du Shah), transformant de fait la « République islamique » en une « dynastie religieuse ».
Deuxièmement, le rôle des Gardiens de la révolution : selon certaines sources qui circulaient depuis deux jours, l’Assemblée des experts a subi de fortes pressions de la part des Gardiens de la révolution pour nommer Mojtaba, consolidant ainsi le contrôle de l’armée sur les décisions politiques en temps de guerre.
Le fait que Mojtaba ait survécu aux frappes qui ont coûté la vie à son père et à 40 autres hauts responsables (malgré ses blessures) lui confère une « légitimité charismatique » auprès de ses partisans (quel symétrie avec l’attaque qu’a subi Trump!!). Il est présenté comme un chef divinement protégé, destiné à poursuivre le combat dans les circonstances les plus difficiles, fort d’une légitimité fondée sur le sang, un concept profondément ancré dans la pensée chiite.
Mojtaba est un disciple de « Mohammad Mesbah Yazdi », l’une des plus éminentes autorités religieuses, qui, dit-on, l’a influencé davantage que son propre père. Mesbah Yazdi était le principal théoricien d’un mouvement rejetant le principe de la « souveraineté populaire ». Il considère les élections comme un simple « outil cosmétique », affirmant que la légitimité émane de Dieu et réside dans le « Guide suprême ».
L’adoption de cette idéologie par Mojtaba suggère un système « post-républicain ». Il ne cherchera pas à rétablir les relations avec le peuple iranien ni à réformer l’économie pour apaiser les électeurs ; il s’attachera plutôt à renforcer « l’élite des fidèles » (les Gardiens de la révolution) et à consolider les fondements d’un « État idéologique » inflexible.
Mesbah Yazdi était le père spirituel de la « Fermeté de la Révolution islamique » « Jebheh Paydari », un courant de pensée prônant un « mahdisme actif », c’est-à-dire la préparation du terrain pour le retour du « Mahdi » par la confrontation, et non par la paix. Il entretenait des liens étroits avec les Gardiens de la révolution, leur fournissant le cadre religieux nécessaire pour contourner les politiciens.
Mojtaba incarne la fusion totale de l’idéologie intransigeante de Yazdi et de la puissance militaire

