Le « hantavirus » s’accroche à une croisière de riches

Presse-Net
La base des sciences de l’information c’est la hiérarchisation des « bonne et/ou mauvaise » nouvelle. Le monde entier avait les yeux rivés sur les non-réponses de l’Iran et les élucubrations de Trump et ses menaces et ses changements d’humeur. Et voilà que le « hantavirus » vient se caler entre les lignes des dépêches et les séquences des infos en direct!
Cette infection n’a pas été déclarée comme une pandémie (pas encore) mais elle a bousculé le ronronnement des populations qui suivent au jour le jour le prix du baril de pétrole.
Dans cette affaire, le malheur des malades et le drame du décès des passagers, formait un levier idéal pour exciter la curiosité du « village-monde », mondialisation oblige, et la fureur médiatique qui a accompagné les premières dépêches.
Mais subitement l’intérêt s’est estompé en dehors du « monde occidental », car au fur et à mesure que les média fouillaient le profile de cette affaire qui se dessinait en dehors du « Sud » c’était une affaire du « Nord ». En effet les passagers sont tous de ce Nord, ce genre de croisière est fait pour des pays riches.
Voyons en détails ce qui justifie le désintérêt des pays du Sud: Le MV Hondius appartient à la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions . Le navire peut accueillir 196 passagers et un équipage de 72 personnes… prendre part à ce genre de croisière coûte très cher.
Le MV Hondius est connu pour exploiter des routes dans certains zones géographiques et les endroits les plus reculés de la planète.
Le navire effectue des itinéraires à travers l’Antarctique, l’Atlantique Sud et des zones de l’Arctique comme le Groenland ou le Svalbard, avec des voyages axés sur observation de la faune, des paysages glaciaires et atterrissages de zodiac.
Les prix de ces expéditions sont très éloignés de ceux d’une croisière classique. Les itinéraires les plus basiques vers l’Antarctique commencent à environ 7 800 $ par personne, environ 6 600 euros. À mesure que le niveau d’hébergement et la durée de l’expédition augmentent, les chiffres montent en flèche. Certaines suites et voyages d’environ trois semaines atteignent des prix compris entre 24 000 et 31 500 dollars. A cela il faut ajouter les billets d’avion au point de départ (l’Argentine dans ce cas) et à partir des aéroports choisis en fonction des escales voulues par les heureux passagers.
Les prises en charge et les moyens mis par les pays dont les citoyens étaient pris au piège du hantavirus sur ce bateau reflètent largement ce constat.
Il y avait 147 personnes à bord, passagers et membres d’équipage, de 23 nationalités différentes, dont 70 Européens considérés comme des «contacts à haut risque» par l’OMS, les passagers du navire de croisière MV Hondius doivent désormais faire l’objet d’une surveillance accrue durant plusieurs semaines. Pour l’heure, sept d’entre eux, issus de six nationalités différentes, sont classés en cas confirmés et un cas probable.
Dans le cadre d’une opération coordonnée entre le gouvernement espagnol, l’Organisation mondiale de la santé et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, tous les passagers ont été examinés à bord du navire pour détecter d’éventuels symptômes, et des moyens de transport ont été organisés pour les ramener dans leurs pays d’origine. Les autorités sanitaires avaient confirmé que le hantavirus impliqué dans l’épidémie est la souche Andes, la seule souche connue transmissible entre humains et qui a été associée à des infections présentant un taux de mortalité très élevé
Le problème c’est que plusieurs d’entre eux ont apparemment débarqué avant que la nouvelle de l’épidémie ne soit rendue publique.
Où sont ils ? Avec qui ont-ils été en contact? Comment ont -ils voyagé?
Lister les cas infectés dans le monde, voilà un air de déjà-vu (rappel du temps du Covid). Sept patients de six nationalités différentes sont également classés en « cas contact » confirmés et un cas probable a été signalé.
Voilà l’itinéraire du MV Hondius et les pays – ports- traversés ainsi les cas de ressortissants infectés le long du trajet:
Argentine
Le MV Hondius a quitté Ushuaia, une ville du sud de l’Argentine, le 1er avril. Une personne à bord du navire était de nationalité argentine.
Pays-Bas
Citant deux enquêteurs anonymes, l’AP a rapporté que deux des trois décès, impliquant un couple de mariés néerlandais, pourraient avoir un lien avec Ushuaia, les responsables émettant l’hypothèse que le couple aurait contracté le virus lors d’une sortie d’observation d’oiseaux dans la ville qui les a conduits à une décharge (!) où ils auraient pu être exposés.
Ce couple de Néerlandais avait voyagé en Amérique du Sud avant d’embarquer à Ushuaïa. Le mari, âgé de 70 ans, a présenté des symptômes le 6 avril et est décédé le 11 avril. Son corps a été débarqué du navire lors de son escale du 22 au 24 avril à Sainte-Hélène, une île de l’Atlantique Sud.
Mais également 31 passagers furent débarqués dans cette île!
Aucun test de dépistage de l’hantavirus n’ayant été effectué, il est considéré comme un «cas probable», selon l’OMS.
Son épouse, âgée de 69 ans, a également quitté le navire à Sainte-Hélène, se sentant mal. Son état de santé s’est détérioré lors d’un vol vers Johannesburg (Afrique du Sud) le 25 avril et elle est décédée à l’hôpital le lendemain. Sa contamination à l’hantavirus a été confirmée le 4 mai.
Le troisième cas néerlandais concerne le médecin du navire, qui a signalé des symptômes le 30 avril. Un test a révélé qu’il était positif à la souche Andes du virus le 6 mai. Il a été évacué vers les Pays-Bas le jour même, après une escale au Cap-Vert. Il a été isolé et son état est stable.
Selon l’exploitant, 13 personnes à bord du navire sont néerlandaises : 8 passagers et 5 membres d’équipage.
Le 5 mai, les autorités sanitaires néerlandaises ont informé la compagnie aérienne nationale KLM Royal Dutch Airlines que la femme avait été à bord de l’un de leurs avions à Johannesburg le 25 avril ; alors la compagnie aérienne a informé les passagers de ce vol à destination des Pays-Bas
Un avion transportant 26 passagers est arrivé aux Pays-Bas dimanche, dont huit ressortissants néerlandais.
Après leur atterrissage à Eindhoven ils sont mis en auto-isolement pendant 42 jours
Les personnes qui ne résident pas aux Pays-Bas seront hébergées dans un centre de quarantaine.
Cap-Vert
Le navire avait l’intention d’accoster dans l’archipel ouest-africain du Cap-Vert, mais les autorités locales lui en ont interdit l’accès, et le MV Hondius est resté ancré au large des côtes du pays pendant trois jours. Avant de mettre le cap sur les îles Canaries le 6 mai.
Les Philippines
L’équipage du MV Hondius compte 38 Philippins, mais un porte-parole et sous-secrétaire du ministère de la Santé des Philippines a déclaré le 5 mai qu’aucun d’entre eux n’était actuellement malade et qu’ils étaient en étroite coordination avec les autorités concernées.
Singapour
L’Agence des maladies transmissibles de Singapour a déclaré avoir été informée les 4 et 5 mai que les deux résidents, âgés de 67 et 65 ans, se trouvaient sur le navire lorsqu’il a quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril. Tous deux ont débarqué prématurément et se trouvaient sur le fameux vol à destination de Johannesburg.
Afrique du Sud
La Néerlandaise décédée en Afrique du Sud avait d’abord pris un vol en provenance de Sainte-Hélène, son état s’était détérioré pendant son vol vers Johannesburg. Lorsque son infection par le hantavirus a été confirmée, les responsables sanitaires sud-africains ont lancé le traçage des contacts. Plus de 60 personnes ont été identifiées, et celles qui ont pu être contactées font l’objet d’une surveillance.
Allemagne
Une Allemande qui avait de la fièvre le 28 avril et a développé une pneumonie est décédée le 2 mai à bord du navire.
Huit ressortissants allemands étaient signalés à bord du MV Hondius, dont un membre d’équipage. Un Allemand asymptomatique a été évacué le 6 mai. L’Allemagne comptait huit personnes à bord, dont l’un des passagers décédés.
France
Une Française rapatriée du Hondius s’est sentie mal le 10 mai et a été testée positive et isolée.
Son état de santé s’est «dégradé» dans la nuit du 10 au 11 mai, d’après les autorités françaises.
Cinq personnes ont quitté l’Espagne (les Îles Canaries), l’un des passagers a commencé à présenter des symptômes pendant le transfert et a depuis été confirmé comme le dernier cas de hantavirus.
À l’issue d’une évaluation à l’hôpital, ils seront placés à l’isolement pour une durée totale de 42 jours.
Belgique
La Belgique a accueilli deux passagers du navire de croisière dimanche. Ils ont tous deux été conduits à l’hôpital universitaire d’Anvers pour une évaluation médicale.
Espagne
Treize passagers et un membre d’équipage à bord du MV Hondius sont espagnols. L’OMS a demandé à l’Espagne d’accueillir le MV Hondius aux îles Canaries « conformément au droit international et aux principes humanitaires ». Le ministère a déclaré que le pays avait « l’obligation morale et légale d’aider ces personnes, parmi lesquelles se trouvent plusieurs citoyens espagnols ».
Les 14 citoyens espagnols se trouvent actuellement à l’hôpital militaire Gómez Ulla, à Madrid. Un des passagers a été testé positif, selon un résultat provisoire.
Suisse
Un Suisse a débarqué du Hondius à Sainte-Hélène le 22 avril et s’est envolé pour la Suisse le 27 avril via l’Afrique du Sud et le Qatar. Il a commencé à présenter des symptômes le 1ᵉʳ mai, après son arrivée en Suisse. Il a été traité à l’isolement et s’est révélé positif au virus.
Royaume-Uni
19 passagers et quatre membres d’équipage à bord du navire étaient originaires de Grande-Bretagne. Un passager britannique présentant une forte fièvre, un essoufflement et des signes de pneumonie a été évacué de l’île de l’Ascension vers l’Afrique du Sud le 27 avril, selon l’OMS. La présence du virus a été confirmée chez ce passager, qui se trouve actuellement en soins intensifs. Un autre ressortissant britannique membre d’équipage est suspecté d’être infecté. Deux autres personnes se sont mises en quarantaine après avoir débarqué du navire lors de son escale à Sainte-Hélène.
20 ressortissants britanniques, ainsi qu’un ressortissant allemand résidant au Royaume-Uni et un passager japonais, sont actuellement suivis à l’hôpital Arrowe Park.
Ils vont s’isoler jusqu’à 45 jours à leur retour, avec des tests réguliers et une prise en charge assurée par les autorités sanitaires nationales.
Le deuxième Britannique, travaillant à bord du navire, a signalé des symptômes le 27 avril et a été testé positif le 6 mai. Il a été évacué vers les Pays-Bas le 7 mai depuis le Cap-Vert. Son état est stable.
Un troisième Britannique a quitté le Hondius le 14 avril dans l’archipel de Tristan da Cunha, dans l’Atlantique Sud, et y a été soigné en isolement. Il a signalé des symptômes le 28 avril. L’OMS l’a classé comme «cas probable» en attendant les résultats des tests.
Irlande
Deux passagers ont été transférés d’Espagne en Irlande. Arrivés à Dublin dimanche, ils sont depuis isolés dans un établissement médical où ils seront testés et suivis, ont indiqué les autorités sanitaires irlandaises .
Grèce
La Grèce comptait un seul ressortissant à bord. La personne est asymptomatique et placée en quarantaine préventive à l’hôpital universitaire général Attikon d’Athènes pour 45 jours en isolement.
États-Unis
17 des passagers du MV Hondius sont originaires des États-Unis. L’un d’eux a été testé positif. Un autre présente des «symptômes légers», a indiqué le 10 mai le ministère américain de la Santé.
Le New York Times a rapporté que les autorités d’au moins trois États, l’Arizona, la Géorgie et la Californie, surveillent les anciens passagers du navire.
Il reste encore 54 personnes à bord ; 26 poursuivront le voyage par la mer, et 28 seront transférées par avion, selon le ministère espagnol de la Santé. Les deux groupes sont à destination des Pays-Bas, dont six personnes qui prendront ensuite un vol pour l’Australie.
En conclusion
Le hantavirus est endémique en Argentine, mais les infections dans le pays sont en hausse. Le ministère argentin de la Santé a signalé la semaine d’avant 101 infections par le hantavirus depuis juin 2025, soit environ le double du nombre de cas enregistrés au cours de la même période l’année précédente, selon l’Associated Press.
Depuis le début de sa surveillance en 1993 jusqu’en 2023, le Centres pour le contrôle des maladies aux États-Unis a détecté 890 cas d’hantavirus dans le pays, dont 35 % ont entraîné le décès.
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