La fin de Trump

Une rupture au sein des conservateurs qui l’ont soutenu depuis les scènes de violence au Capitole

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Presse-Net (Paris)

Depuis l’assaut des partisans de Donald Trump sur le Congrès des États-Unis, mercredi, les répercussions pour le président vont jusqu’à une possible procédure de destitution. Son isolement ne cesse de grandir au sein du Parti républicain.
Dans son éditorial le quotidien américain “The Wall Street Journal”, a appelé Donald Trump à «prendre sa responsabilité personnelle et à démissionner » car « c’est mieux pour tout le monde, y compris lui-même, s’il s’en va tranquillement ». Dirigé par le magnat Rupert Murdoch, proche de l’ancien président, cette prise de position confirme une rupture au sein des conservateurs qui l’ont soutenu depuis les scènes de violence au Capitole par les partisans du trumpisme.

Ces dernières heures, le président des États-Unis a essuyé encore deux démissions au sein de son administration. La ministre des Transports Elaine Chao a été la première à quitter son poste, mentionnant son « trouble » après l’invasion du Congrès. Elle a été suivie quelques heures plus tard par Betsy Devos la ministre de l’Éducation expliquant son geste dans une lettre adressée à Donald Trump : « Il est indéniable que votre rhétorique a eu un impact sur la situation, et c’est un point de bascule pour moi ».
L’émissaire des États-Unis en Irlande du Nord et ancien bras droit de Donald Trump, Mick Mulvaney, avait également été l’un des premiers jeudi à quitter ses fonctions. La série de démission ne cesse de s’allonger touchant les employés de la Maison Blanche et le cabinet présidentiel : Stephanie Grisham, Matt Pottinger. À tel point que Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud et proche allié de Donald Trump a été forcé de réagir pour stopper cette hémorragie : « À ceux d’entre vous qui pensez que vous devez quitter votre poste pour lancer un message, je vous appelle à ne pas le faire ».
Les risques d’une procédure de destitution
L’autre tournant à 12 jours de l’investiture du nouveau président démocrate Joe Biden, est celle d’un départ anticipé du magnat de l’immobilier. Pour Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a estimé que démettre Donald Trump était une « urgence de la plus haute importance ». Avec d’autres responsables démocrates comme le futur chef de la majorité sénatoriale Chuck Schumer et élus du Congrès, elle a exhorté le vice-président Mike Pence à déclarer, avec une majorité du gouvernement, que l’hôte de la Maison Blanche « inapte » à remplir ses fonctions, sur la base du 25e amendement de la Constitution.
Des républicains à l’image d’Adam Kinzinger, ont soutenu cette proposition « pour le bien » de la démocratie américaine. La presse américaine évoque une possible procédure de destitution, lancer au Sénat et à la Chambre des représentants.
Un long message vidéo de Trump
Face aux dangers de « l’impeachment » (procédure en destitution) et son isolement au sein du parti républicain, le long message vidéo posté sur son compte Twitter par Donald Trump peut-il stopper ce flot de condamnations ? Au final, près de vingt-quatre heures après l’assaut sur le Capitole par ses partisans, le président a finalement changé de ton se déclarant « scandalisé par la violence l’anarchie et la pagaille ». Véritable prise de conscience ou simple stratégie pour reprendre la main sur le parti de l’ordre et tenter de calmer la tempête politique qui s’abat sur lui ? Donald Trump a même adressé « à ceux qui ont commis des actes de violences ou de destruction, vous ne représentez pas notre pays. Et à ceux qui ont enfreint la loi, vous paierez ». Le président a pour la première fois, également assuré vouloir une transition du pouvoir « sans accroc » et a appelé à « l’apaisement et à la réconciliation », « une nouvelle administration prêtera serment le 20 janvier ».
Le futur occupant de la Maison Blanche, Joe Biden qui a présenté son équipe présidentielle jeudi soir a tenu à condamner les évènements du Capitole, pointant la responsabilité de son prédécesseur. « Au cours des quatre dernières années, le président Trump a déclenché une attaque totale contre les institutions de notre démocratie. Hier (mercredi, N.D.L.R.) n’était que le point culminant de cette attaque incessante (…) J’aurais aimé pouvoir dire que nous ne pouvions pas le voir venir, mais ce n’est pas vrai. » a-t-il notamment déclaré à propos de « l’un des jours les plus sombres » pour ce pays.

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