Le Liban entre le chaos et… l’initiative française

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Le Liban occupe la facade de l’Institut du Monde Arabe à Paris

Bassam Accaoui  :

Les commentaires et les analyses politiques, qui ont circulé avec abondance sur la scène libanaise après l’explosion «semi nucléaire » qui a ravagé le port de Beyrouth, et les deux visites spectaculaires du président français Emmanuel Macron, ont occupé l’espace du monde politique, les réseaux sociaux, et la « rue » libanaise jusqu’à l’épuisement par leurs contradictions et leurs prévisions divergentes sur l’avenir du pays. Ils ont laissé un brouillard très épais camoufler la situation politique. Et aucun espoir de faire disparaître l’ambiguïté qui règne sur les tractations en cours pour faciliter, ou dynamiter c’est selon,  la formation d’un gouvernement de salut national qui pourrait sauver le pays agonisant et pillé jusqu’à l’os.

Certains analystes rêvent d’un avenir radieux avec une aide française, européenne, et mondiale (FMI et la Banque Mondiale).

Des dizaines de milliers de libanais ont signé une pétition réclamant le retour du mandat français au Liban. Car pour eux ce Pays a touché le fond du fond avec sa classe politique de bandits professionnels toute confession confondue, et cela bien avant l’explosion des 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, une explosion qui a défiguré des quartiers entiers de Beyrouth.

Mais bien avant la catastrophe, le gel des avoirs financiers des libanais dans toutes les banques du pays, signifiait déjà un état de banqueroute non déclarée officiellement. Cette mainmise sur les comptes de la population, est un geste de piraterie criminelle contre tout un peuple, commis par son propre État.

Mais il y a eu des voix pour condamner le retour du «colonialisme » français, qui, pour elles, avance masqué derrière les aides humanitaires et financières, afin de cacher son bras de fer à l’est de la Méditerranée avec la Russie de Poutine et la Turquie d’Erdogan. Et de voir également les visées gourmandes concernant le gaz et le pétrole découverts récemment au large de la côte libanaise.

Tous ces commentateurs doivent savoir que le Liban n’est plus au bord du gouffre, il est déjà au fond du gouffre. Il était au bord de l’abîme mais depuis quelques années il a été poussé vers la chute finale et mortelle. La perspective que le pays éclate en morceau et plonge dans un chaos absolu, ne fait plus de doute, et la famine guette ce peuple.

Un bras de fer continue entre une proposition française, qui porte  un « compromis historique » pour sauver le pays de la disparition totale et la désintégration comme ce fut le cas pour la Syrie. Cette offre française fait miroiter les aides nécessaires pour réussir cette tâche, à condition de réussir la formation d’un gouvernement de technocrates libéré de la joute des pilleurs. Et elle est basée sur le fait de laisser de côté la question litigieuse des armes de Hezbollah hors négociations, et éloigner du pouvoir cette bande de sangsues avides de pillages, qui s’accroche au sommet de l’état et ses ramifications lucratives.

Les tractations de la semaine en cours vont trier les fils blancs des fils noirs entre opposants et à cette tentative de sauvetage de dernière minute, et les « autres ».

La carotte française est l’occasion de la dernière chance à saisir avant que l’option américaine arrive avec son bâton de sanctions synonymes d’étouffement totale qui n’épargnerait personne…..

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