Liban: L’illusion du salut et la descente aux enfers

Macron donne à la calsse politique un dernier délai de 4 à 6 semaines

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Bassam Accaoui  :

La démission de Moustafa Adib a sonné le glas de l’initiative française dirigée par le président Emmanuel Macron. Bien sûr cette démission a été téléguidée par Macron en personne. L’initiative française a commencé après l’explosion « nucléaire » au port de Beyrouth, survenue le 4 août dernier, et qui a détruit des milliers de bâtiments dans les quartiers «chrétiens » de la capitale libanaise sans oublier les milliers de blessés et les 200 morts.

Il ne faut pas oublier que la « rue » libanaise était déjà en révolte contre la faillite de l’État et la banqueroute non déclarée du système bancaire du pays. La classe dirigeante politique défaillante du pays s’est engagée unanimement devant Macron, lors de sa deuxième visite à Beyrouth début septembre, à appliquer minutieusement et sincèrement les la feuille de route française et ses exigences, qui consistent à former un gouvernement de salut national, formé de personnalités indépendantes des partis confessionnels qui ont pillé le pays durant des décennies, et cela en deux semaines.

Ce gouvernement, une fois formé, devrait adopter et appliquer tout un programme détaillé dans cette fameuse feuille, et censé sauver le pays de l’effondrement total dans lequel il s’enfonce progressivement chaque jour et chaque heure. Tout devrait être mis en place sur une courte durée d’un mois, avant que les vannes des aides internationales se déversent . L’objectif étant renflouer le pays financièrement et économiquement, afin d’éviter la disparition du Liban, qui en plus risquait de sombrer dans une guerre civile interminable, selon les déclarations officielles de Macron et de son ministre des affaires étrangères, Yves le Drian.

Mais la classe politique pourrie ne peut engendrer que de la pourriture, et en première ligne le « duo » chiite, Hezbollah- Amal, et leur allié chrétien dirigé par le Président Michel Aoun et son gendre Gibran Bassil, et les autres pilleurs des richesses nationales.

Ces dirigeants ont tout fait pour torpiller l’initiative française et la rendre à néant. Le président Macron a répondu hier à ce manquement inouï, en exprimant sa honte de cette classe de « profiteur », et en dénonçant la trahison des dirigeants libanais qui prennent leur pays en otage. Il a notamment insisté sur le rôle du Hezbollah dans cette mascarade. Mais il a oublié de dire que cet échec était déjà annoncé d’avance, et il a donné un dernier délai de 4 à 6 semaines pour former un nouveau gouvernement et relancer son initiative, avant la descente aux enfers sous forme de guerre civile atroce.

L’espoir fait vivre… mais à savoir : cela ne s’applique pas aux salauds.

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