Que fera Joe Biden?

Des changements sur la scène locale et internationale à tous les niveaux

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(Presse-Net) 

En matière de politique étrangère, Joe Biden entend privilégier les rencontres bilatérales avec ses homologues internationaux, un changement radical après quatre ans de tweets assassins envoyés régulièrement par Donald Trump.

Joe Biden est par ailleurs favorable au maintien des États-Unis dans l’Otan.  Si le bras de fer avec la Chine ne devait pas faiblir sous l’administration Biden, plusieurs sujets de politique internationale devraient être abordés différemment par le 46ème président.

  • Proche-Orient

Ainsi, Joe Biden juge que l’ambassade américaine en Israël n’aurait pas dû être transférée à Jérusalem, mais il est fort probable qu’il ne reviendrait pas sur cette décision. Par contre Biden s’opposera à l’annexion de territoires palestiniens.

Concernant les relations avec l’Iran, Biden souhaite enclencher un processus pour un nouvel accord sur le nucléaire, dont les États-Unis s’étaient retirés en 2018. Une sorte de nouveau “point de départ” pour de nouvelles relations avec l’Iran.

Avec l’Arabie saoudite où le prince saoudien Mohammed ben Salman (MBS), homme fort du pays, a beaucoup misé sur la réélection de Donald Trump, la position saoudienne devra dans les premiers jours subir un certain isolement ?

Selon de nouveaux extraits des entretiens accordés par le président des États-Unis à Bob Woodward,

Donald Trump s’était vanté d’avoir « sauvé la peau » du prince héritier MBS, accusé par le Congrès américain d’être responsable de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Le relations de la nouvelle administration prendra du temps avant de « redevenir normales », surtout si Washington renégocie le traité nucléaire avec Téhéran.

  • L’économie

Sur le plan commercial, l’arrivée de Biden ne changera pas les bases des échanges avec l’Europe et le reste du monde.

Dans le sillage tracé par Donald Trump et son America First, le démocrate souhaite mettre en avant le plus possible les produits fabriqués aux États-Unis. Il souhaite notamment consacrer 400 milliards de dollars aux achats de produits américains par le gouvernement fédéral.

Néanmoins, étant plus favorable au libre-échange que l’est Trump, il pourrait revenir sur la taxe douanière de certains produits européens.

“Build Back Better”: reconstruire en mieux, c’est son slogan. Pour relancer une machine économique grippée par la crise sanitaire tout en servant dans une large mesure ses objectifs climatiques, il a annoncé 2.000 milliards de dollars “d’investissements accélérés”, à déployer dans le courant de son mandat pour créer des millions d’emplois d’infrastructure et dans l’industrie automobile électrique et rénover 4 millions de bâtiments en quatre ans. Avec lui, les dépenses augmenteraient de 7.300 milliards au cours de la décennie, selon les projections de Moody’s Analytics.

Pour financer son programme, il veut annuler les réductions d’impôts mises en place par l’administration Trump. Le taux de référence d’imposition des entreprises repasserait de 21% à 28% – alors qu’il était de 35% avant la réforme de Donald Trump. Et des hausses d’impôts toucheront les personnes dont les revenus sont supérieurs à 400.000 dollars par an. Il prévoit par ailleurs de relever le salaire minimum, de 7,25 dollars aujourd’hui à 15 dollars.

  • Le Climat

Concernant sa position sur le climat, Joe Biden se veut à l’opposé de Donald Trump, étant convaincu de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. Il a fait du climat le premier point de son programme, le retour des États-Unis dans l’accord de Paris, une promesse de campagne sera l’une de ses premières actions lors de son entrée à la Maison Blanche.

Avant son élection officielle, Joe Biden l’avait annoncé le 5 novembre sur Twitter : “Aujourd’hui, le gouvernement Trump a officiellement quitté l’accord de Paris sur le climat. Et dans exactement 77 jours, un gouvernement Biden le rejoindra.”

Avec ce retour, il entend mener une bataille diplomatique pour pousser “chaque grand pays” à relever ses objectifs climatiques. Il promet d’emprunter une voie semblable à celle choisie par l’Union européenne, avec un “Green New Deal”, un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 accompagné d’une “révolution d’énergie propre”.

Dans ce but il entend investir 1.700 milliards de dollars au sur les dix prochaines années dans le climat les énergies renouvelables et la « justice environnementale » nouveau concept pour protéger la nature. Des changements dans le système fédéral d’appels d’offres s’orienteront vers 100% d’énergie propre et l’achat de véhicules zéro émission.

Il n’a par contre pas l’intention de mettre un terme à l’exploitation de gaz ou de pétrole de schiste, comme le réclamait l’aile gauche de son parti.

  • La santé

Face au défi d’une société américaine fracturée à l’égard de la pandémie du Covid-19, Joe Biden promet de jouer l’apaisement plutôt que la polarisation, de préférer le consensus scientifique aux théories farfelues.

Il promet une politique plus volontariste de la part de l’État fédéral contre la pandémie de coronavirus. Il prévoit donc d’encourager le port du masque et d’en augmenter la production ; de doubler les sites de test à travers le pays et d’investir dans des tests rapides à domicile ; de mobiliser 100.000 personnes pour un système de traçage des contacts ; d’investir 25 milliards de dollars dans un plan de création et de production de vaccins pour assurer son accès “gratuit et équitable”.

En un rappel de son ancien rôle en tant que vice-président d’Obama il compte renforcer l’assurance santé – le fameux « Obama care » que Donald Trump espérait supprimer – et en étendre la couverture à 97% des Américains.

Il prévoit aussi de consolider la sécurité sociale, avec 1.500 milliards de dollars de plus sur la décennie dans des programmes comme les congés maladie ou congé familial payé.

  • Le commerce

Après une présidence Trump marquée par des batailles commerciales, Biden pourrait se montrer moins offensif – en particulier vis-à-vis des alliés traditionnels des États-Unis. Il pourrait vouloir rejoindre le partenariat trans-pacifique (TPP) négocié sous Barack Obama avec onze autres pays dont le Japon, le Canada, l’Australie et le Vietnam, mais jamais ratifié par le Congrès.

Biden considère cet accord comme une bonne manière de “réduire les excès de la Chine”, mais il a aussi souligné qu’il “renégocierait” ses termes avant d’envisager de s’y joindre. Il entend en particulier mettre le climat au cœur de la politique commerciale des États-Unis pour tous les accords à venir.

Le bras de fer lancé contre la Chine a été soutenu par les démocrates. Mais selon la banque Goldman Sachs, Biden « annulerait probablement les tarifs douaniers que l’administration Trump a imposés sur les importations chinoises et s’abstiendrait de tarifs significatifs sur l’Europe ».

Sous le mandat de Donald Trump, la question commerciale s’est imbriquée avec celle de la redéfinition du cadre fiscal mondial, négocié à l’OCDE. Rien ne garantit que l’administration Biden ira dans ce sens.

  • L’Europe et l’Otan

La négociation d’un nouveau cadre fiscal mondial a d’ailleurs le potentiel de crisper les relations entre l’équipe Biden et l’Union européenne. En l’absence de consensus, l’UE entend avancer vers la taxation des géants du web, qui vise les GAFA.

Mais plus généralement, les Européens s’attendent avec Biden à une normalisation des relations.

Avec Biden, c’est aussi le retour d’un soutien américain sans ambiguïté envers l’Otan et d’un président traitant l’UE en allié plutôt qu’en adversaire.

Mais il est fort probable que le nouveau président reprendra la politique étrangère américaine de Obama en l’orientant de l’Atlantique vers le Pacifique.

 

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