Les dégâts infligés à l’Iran
Depuis six semaines des frappes américano-israéliennes ont détruit plus que 6000 sites

Collectif – correspondance
Depuis six semaines l’alliance américano-israélienne s’acharne à détruire tout ce qui compte dans le développement d’un pays. Les informations égrainent au quotidien les cibles. Mais chaque jour efface de la mémoire collective les dégâts du jour précédent ce qui atténue dans l’inconscient de l’opinion publique mondiale la monstruosité de ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux. L’annonce par le président américain de « remettre l’Iran à l’âge de la pierre » est déjà un fait avec toutes les violations du Droit international.
Signe du dérapage de la mesure de la gravité du viole de ce droit, les responsables européens de contentent de discours vides, en tête la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen demande à l’Iran « d’arrêter la guerre ». Comme si les États-Unis n’avaient pas attaqué l’Iran. Comme si Israël n’avait pas attaqué l’Iran. Le monde à l’envers.
Ci-après une liste non exhaustive de « grands dégâts infligés au peuple d’Iran », qui démontre d’une volonté de casser la colonne vertébrale d’un pays… au lieu de le libérer.
Cette semaine, des frappes américano-israéliennes ont détruit l’Institut Pasteur d’Iran. Ce n’est pas n’importe quel bâtiment. Fondé en 1920, l’Institut fut un des premiers membres du réseau mondial Pasteur qui, depuis plus de 100 ans, combattait les maladies infectieuses et développait des vaccins essentiels à l’humanité. L’institut avait aidé à combattre le Covid-19, le choléra. Des librairies, des laboratoires, des biobanques… Réduits en cendres.
L’Institut Pasteur n’est pas un cas isolé. Peu avant, les frappes israélo-américaines avaient détruit l’usine pharmaceutique Tofigh Daru. Elle fabriquait des médicaments contre le cancer, pour les malades de la sclérose en plaques, des traitements cardiaques. L’Iran fabrique près de 90% des médicaments qu’il utilise précisément parce que les sanctions occidentales l’ont coupé du marché mondial. Et maintenant on bombarde ce qu’il a construit pour survivre.
Ce ne sont que deux exemples d’une logique glaçante. Trump veut ramener l’Iran à l’âge de pierre, comme il l’a ouvertement déclaré. Ce n’est pas une métaphore. Les USA l’ont essayé en Irak. Et les Israéliens appliquent la même doctrine de Gaza au Liban.
L’ampleur est vertigineuse. Selon le groupe de surveillance indépendant Airwars, environ 4 000 cibles ont été frappées en quatre jours, soit un rythme environ deux fois plus intense que celui observé au début de la guerre à Gaza en 2023. Selon la Société iranienne du Croissant-Rouge, Israël a endommagé ou détruit plus de 115 000 unités résidentielles à travers le pays, dont des centaines de structures médicales et sanitaires. Ce ne sont pas des dommages collatéraux.
Les usines sidérurgiques. Dans la nuit du 1er au 2 avril, les trois plus grands groupes sidérurgiques iraniens ont été frappés simultanément, Mobarakeh, Esfahan, Khuzestan. C’est 70% de la production nationale d’acier. Des dizaines de milliers d’emplois. L’ossature industrielle d’un pays. Ce ne sont pas des cibles militaires. C’est une économie qu’on veut détruire.
Les dépôts pétroliers de Téhéran. Le 7 mars, quatre dépôts de carburant ont été bombardés dans la capitale. Le pétrole en feu a débordé dans les rues. Le lendemain, il a plu noir sur Téhéran. L’OMS a mis en garde contre des risques graves pour la santé de millions d’habitants. C’est une ville de dix millions de personnes qu’on empoisonne pour des décennies c’est le peuple qui va subir les conséquences.
Les universités. Au moins 21 touchées depuis le début de la guerre. L’Université des sciences et technologies de Téhéran, fondée en 1929, première école d’ingénieurs du pays, réduite en cendres. L’Université de technologie d’Ispahan bombardée deux jours de suite. Ce sont les lieux où se forment les médecins, les ingénieurs, les scientifiques de demain. On ne les détruit pas pour neutraliser une menace militaire. On les détruit pour empêcher un pays de se relever.
Les installations nucléaires civiles. Bombardées plusieurs fois depuis le début de la guerre, au risque d’un accident majeur dont les conséquences dépasseraient largement les frontières de l’Iran.
Le patrimoine historique et culturel. Des plafonds en miroirs brisés, des arches effondrées, des murs en mosaïque de verre endommagés au palais du Golestan, un chef-d’œuvre de l’ère Qajar. Endommagés les célèbres décors en miroir au Palais des 40 colonnes à Isfahan. Fissurée une fresque vieille de 400 ans. Endommagée la plus ancienne mosquée du vendredi d’Iran. Plus de 131 sites historiques touchés. Pourtant l’UNESCO avait communiqué à l’avance les coordonnées géographiques des sites… C’est ainsi qu’on s’en prend à l’histoire d’un pays, d’un peuple, d’une civilisation.
Trump menace encore. Les centrales électriques. Les puits de pétrole. Les usines de dessalement, celles qui donnent de l’eau potable à des millions de personnes dans une région aride.
Ils ne cachent pas leurs intentions. Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, a déclaré publiquement que « mort et destruction depuis le ciel toute la journée » s’abattraient sur l’Iran. Il a averti que « les seuls qui devraient s’inquiéter sont les Iraniens qui pensent qu’ils vont vivre ». Il a posté sur les réseaux « Vers l’âge de pierre ». Ce ne sont pas des dérapages. C’est la vérité.
Frapper des infrastructures civiles constitue des crimes de guerre. Cette guerre est une guerre contre un peuple et contre sa possibilité de vivre, de se soigner, de travailler, d’apprendre. L’objectif est existentiel : un Iran tellement affaibli qu’il ne puisse plus jamais se relever. Un État en faillite, dépendant, incapable de se reconstruire pendant des générations.
Entre-temps, les prix du pétrole et du gaz explosent, les multinationales de l’énergie font des superprofits. Ils font payer aux travailleurs en Europe les conséquences des bombes qu’ils jettent sur les Iraniens.
L’Europe doit cesser de se taire. Elle doit dénoncer un monde où la destruction de civilisations, de peuples, devient la norme. La paix n’est pas une option, mais une exigence, un impératif.

