Maison Blanche: « séance de cris » et altercation
Guerre: Deux camps s'opposent au sein de l'administation américaine
Bassam Tayara
Une vive altercation a éclaté au sein de la Maison Blanche, des sources la qualifiant de « séance de cris ».
Cet incident révèle des divisions au sein de l’administration du président Donald Trump quant à la stratégie à adopter face à l’Iran.
Des journalistes ont rapporté que Trump avait accepté de poursuivre les contacts avec l’Iran malgré l’opposition de hauts responsables. Cette décision avait été prise à la Maison Blanche après une discussion très intense et houleuse entre le président Trump et le vice-président J.D. Vance, en présence des secrétaires à la Défense et d’État.
Selon des sources proches du dossier, les deux secrétaires ont estimé qu’il était impossible, à ce stade, d’obtenir des concessions de l’Iran sans exercer de fortes pressions, y compris la possibilité d’une frappe militaire et d’un durcissement des sanctions économiques.
À l’inverse, Vance a affirmé que la dernière proposition iranienne témoignait d’une flexibilité permettant de progresser vers un accord, même préliminaire, menant à la fin des combats. Les émissaires Steve Wittkopf et Jared Kushner se sont également joints à la discussion, apportant leur soutien à la position de Vance eux qui s’étaient entretenus avec des dirigeants du Golfe opposés à une reprise des hostilités.
Selon ces sources le vice-président Vance et les émissaires ont plaidé pour un accord préliminaire, tandis que les secrétaires à la Défense et d’État préconisaient une pression accrue et une frappe militaire pour obtenir des concessions de Téhéran.
La confrontation s’est envenimée lorsque Trump a critiqué Vance et les émissaires, les accusant de permettre à l’Iran de gagner du temps et de nuire à l’image de Washington. Vance a répondu fermement, déclarant que les efforts devaient se concentrer sur la fin de la campagne militaire, le rapatriement des troupes, la baisse des prix du pétrole et le règlement des problèmes intérieurs – une réponse qui a surpris les personnes présentes.
Les observateurs au sein de la Maison Blanche ont décrit une alliance pour la désescalade contre un front qui cherche l’escalade
Hors des États-Unis, une profonde division est apparue. Le journal israélien « Israel Hayom » a rapporté que Trump s’était entretenu avec des dirigeants de la région, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed exprimant leur soutien à une position ferme et décisive contre l’Iran et à la nécessité de protéger leurs installations sensibles.
À l’inverse, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l’émir qatari Tamim ben Hamad Al Thani privilégient la prévention d’une escalade et d’une reprise des hostilités en maintenant un dialogue constant avec Téhéran afin de réduire les risques sécuritaires, se fondant sur leur évaluation des risques sur la stabilité régionale et de la résilience du régime iranien.
Et le journal de rapporter que Netanyahu est exaspéré par l’« opportunité » offerte à l’Iran. Il a fait également, état d’une conversation nocturne entre Trump et Netanyahu, au cours de laquelle différentes options ont été évoquées, allant d’une frappe militaire à la poursuite des négociations.
Selon certaines informations, Trump aurait choisi de laisser les pourparlers se poursuivre, dans l’attente de la réponse iranienne après les réunions entre le ministre pakistanais de l’Intérieur et de hauts responsables des Gardiens de la révolution.
Un responsable américain a indiqué que Netanyahu avait exprimé sa frustration face au comportement iranien et à la capacité de Téhéran à gagner du temps, tandis que Trump a confirmé ses propres hésitations et la poursuite de ses délibérations.
Dans un contexte similaire, le journal israélien a indiqué que la conversation nocturne entre Trump et Netanyahu avait également abordé la question libanaise et la possibilité de parvenir à un accord avec le gouvernement libanais, tout en soulignant que les chances que le Hezbollah accepte de tels arrangements restaient faibles.

