Trump en fin de règne que va-t-il faire?
C’est un changement notable dans la manière dont les dirigeants du Monde traitent désormais Trump et les USA

Bassam Tayara
La visite du président américain Donald Trump à Pékin suscite des analyses qui vont toutes en sa défaveur en premier lieu et mettent en évidence le recule du prestige et de la puissance des États-Unis.
C’est une fin de sa carrière politique pour Trump comme écrit dans « The Atlantic ». Cela se profile à un moment où les États-Unis semblent perdre progressivement leur capacité à projeter leur puissance et leur prestige international, tandis que le monde continue de réorienter ses priorités, s’éloignant ainsi de Washington.
Le président chinois Xi Jinping a reçu Trump lors d’une cérémonie officielle plus ou moins spectaculaire, suggérant une relation d’égal à égal entre deux superpuissances, mais surtout reflétant la connaissance des Chinois de la personnalité de Trump.
Cependant, le message implicite de cette visite était tout autre : les autorités chinoises ont autorisé la diffusion de critiques acerbes à l’encontre de Trump sur les plateformes d’internet locales, une pratique inhabituelle en pareille occasion au vu du contrôle oppressif des internautes chinois.
Xi Jinping, malgré sa courtoisie diplomatique, a critiqué ouvertement Trump concernant la position américaine sur Taïwan, insistant sur le fait que Pékin ne lui avait accordé aucun avantage concret, que ce soit concernant la guerre avec l’Iran, les grands accords commerciaux ou l’accès aux terres rares, se contentant d’une approche protocolaire sans faire de véritables concessions.
C’est un changement notable dans la manière dont les dirigeants du Monde traitent désormais Trump. Le temps du premier mandat, où nombre de dirigeants cherchaient à l’apaiser et l’amadouer, reconnaissant la puissance des États-Unis, est révolu.
Si le rayonnement des États-Unis s’essouffle il est notoire que l’escalade militaire avec l’Iran, y est pour quelques choses. Cet effondrement de l’impact de Washington sur les affaires du Monde n’est pas lié uniquement à la fin du mandat politique du locataire de la Maison Blanche et à la perspective d’une défaite aux élections de mi-mandat, mais de façon plus générale au poids américain , de plus en plus réduit, sur la scène internationale.
La confrontation de Trump avec l’Iran, qui était censée démontrer sa détermination et surtout la force des États-Unis, s’est avérée contre-productive. Elle n’a pas atteint ses objectifs affichés, qu’il s’agisse de renverser le régime iranien ou de mettre fin à son programme nucléaire, tout en affaiblissant de façon plus ou moins relative et indirecte l’ennemi potentiel: la Chine. Téhéran ayant adopté une politique d’encaissement des coups et de gain de temps la montre tourne contre Trump.
D’après le « Wall Street Journal » l’establishment militaire américain s’inquiétait de plus en plus de sa capacité à défendre Taïwan dans le cas d’un conflit autour de l’île. Les alliés de Washington dans la région Asie-Pacifique commencent à se poser de vraies questions quant à la capacité des États-Unis à honorer leurs engagements en matière de sécurité régionale.
L’idée qui soutenait que la guerre contre l’Iran a affaibli la Chine, s’avère donc fausse et sans fondement. En ciblant massivement l’Iran l’un de ses partenaires les plus importants, qui du fait d’une résilience soutenue par Pékin, à démontrer qu’on pouvait se remettre à la Chine, ont incité de nombreux États du Golfe à renforcer leurs liens avec Pékin plutôt qu’à en prendre leurs distances.
Après la guerre des douze jours en 2025 (du 13 au 24 juin 2025, qui a opposé Israël et les États-Unis à l’Iran) le « Washington Post », indique que les États du Golfe avaient commencé à s’enquérir à propos des systèmes de défense chinois pour protéger leurs installations pétrolières et militaires, la dernière offensive et les destructions subies suites aux attaques iraniennes les ont confortés dans ce choix.
C’est un signe de l’influence croissante de la Chine dans la région, et la première conséquence des politiques américaines, surtout de leurs incapacités à protéger… leurs protégés!
Les conséquences des perturbations du transport maritime international, qui dans la bouche de plusieurs responsables du cercle proche de Trump, devaient affaiblir la Chine, ne s’est concrétisé. Pékin a préféré maintenir une position d’observatrice face à l’escalade avec l’Iran, laissant les États-Unis assumer
Au contraire Pékin a tiré profit de cette situation sans en subir de coûts directs, en utilisant ses réserves pétrolières et surtout ses investissements dans les énergies propres, et de façon modérée en piochant et en remettant en marche ses centrales au charbon.
Alors elle a pu soutenir des pays comme la Thaïlande, les Philippines et l’Australie tout en se présentant comme une puissance attachée à la stabilité et respectueuse des règles de l’ordre international.
Entretemps Téhéran se renforce: le New York Times, se référant à des rapport des services secrets, suggère que l’Iran est parvenu à rétablir une part importante de ses capacités balistiques et à réactiver la plupart de ses sites stratégiques le long du détroit d’Ormuz.
Que Trump reprenne les frappes, comme le suggère Netanyahou, ou bien continue à négocier jusqu’à la date des élections partielles, il restera confronté à la « malédiction des présidents en fin de mandat » lui qui a engagé une superpuissance à bout de souffle, les États-Unis, sur une voie qui l’éloigne des ses alliés et ses protégés.

