Netanyahu rencontre Trump… pourquoi faire?

Trump n'est pas le seul à considérer le Premier ministre israélien avec suspicion...

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Départ pour une rencontre … difficile

Bassam Tayara

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est aux Etats-Unis pour rencontre aujourd’hui le président américain Donald Trump.
Cette rencontre n’a pas eu lieu suite à une invitation formelle, mais plutôt dans le cadre d’une forme de « clémence conditionnelle » de la part de Trump. Si Netanyahu se trouvait aux États-Unis pour assister aux obsèques du sénateur Lindsey Graham, alors il serait disposé à le rencontrer.

Une visite que les Israéliens ont qualifié de stratégique, car « Bibi » chercherait à réparer une relation profondément dégradée qu’il est désormais impossible de cacher ni d’ignorer. Le fossé qui s’est creusé entre les États-Unis et Israël suite à leur « échec » commun dans la guerre contre l’Iran semble difficile à combler, surtout avec Netanyahu au pouvoir, trois mois avant des élections cruciales pour lui-même tenu par beaucoup pour responsable de cet échec.

Pourtant, si cet échec a été une cause directe de l’éloignement et des accusations mutuelles, il ne signifie pas pour autant l’effondrement du partenariat entre les deux pays, qui demeure solidement ancré dans leurs intérêts interdépendants, faisant de l’affaiblissement de l’un un affaiblissement de l’autre.

Les propos tenus hier par Netanyahu avant son départ pour Washington ont révélé beaucoup de choses sur cette visite, bien qu’indirectement.
Il a déclaré que « ces temps complexes exigent une action décisive et une grande sagesse », à se demander s’il reprend le reproche de son ministre d’extrême-droite Ben-Gvir qui n’a pas hésité à critiquer Trump : » Trump est extrêmement naïf sur la question iranienne ».
Car parler de sagesse c’est aller à l’encontre de la … naïveté!

Donc Nétanyahou aimerait aborder avec Trump toutes les questions en suspens, au premier rang desquelles figure l’Iran naturellement.

Il a expliqué que « l’objectif est de préserver la sécurité d’Israël et d’étendre le cercle de paix autour de lui », indiquant ainsi sa volonté de s’aligner sur l’accord nucléaire conclu par Trump avec l’Arabie saoudite et de transformer cette opportunité, en une « réussite » sur le front saoudien si les accord d’Abraham sont dans le paquet du deal.

L’équation que Netanyahu met en avant repose sur l’obtention des avantages sur la colonisation qui fait obstacle à la reconnaissance de l’État hébreu par les « gardiens des Lieux Saints » de l’islam, sous la forme d’une normalisation des relations avec Riyad.
Tel Aviv voudrait également contre des échanges de concessions limitées et calculées, renforcer les restrictions sur tout accord nucléaire saoudien, pour empêcher son exploitation future, en cas de changement de régime ou d’évolution de la situation, pour se précipiter dans l’acquisition de sa propre capacité nucléaire.

La « sagesse » citée par Nétanyahou soulève des questions auxquelles il n’a lui-même pas de réponses juste avant des élections que tous s’accordent à prédire la victoire de l’extrême-droite : quelles sont les exigences d’un sagesse pour répondre à l’approche saoudienne ? Des décisions sur la question palestinienne sont nécessaires, une option qu’il n’a pas la capacité politique de présenter au sein de sa coalition?

Le « succès » indéniable de Netanyahu réside dans l’obtention par Trump d’un accord pour cette rencontre, ce qui constitue un véritable exploit, surtout au vu des fuites dans les médias américains et israéliens concernant la position de l’administration américaine à son égard.
Trump n’est pas le seul à considérer le Premier ministre israélien avec suspicion ; à Washington, on dit que le vice-président J.D. Vance, qui n’a jamais caché ses critiques acerbes envers Netanyahu, bloquait jusqu’à récemment toute visite à la Maison Blanche.

Vance ne semble pas être une exception au sein de l’administration ; selon des propos rapportés par des journalistes et citant des responsables, « il n’y a pas un seul responsable à la Maison Blanche aujourd’hui qui soit favorable à Netanyahu ».

Même Steve Wittkopf et Jared Kushner, censés être les plus proches d’Israël, adoptent une position qualifiée de « plus hostile » que celle du vice-président. Dans ce contexte, la rencontre n’a pas eu lieu suite à une invitation formelle, mais plutôt dans le cadre d’une forme de « clémence conditionnelle ».

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