Iran: La surveillance faciale s’est retournée contre le régime
Iran: Toutes les caméras de surveillance étaient contrôlées par la CiA et le Mossad
Bassam Tayara
Lors de l’attaque israélo-américaine, est-ce-que les caméras de contrôle sur les carrefours à Téhéran ont facilité la poursuite et l’assassinat de plusieurs hauts dirigeants dont l’ayatollah Khamenei?
Ce n’est pas un film policier ou d’espionnage, mais la réalité de piratage des réseaux publics de caméras de surveillance de la sécurité routière ou autre, existe et n’est pas une lubie hollywoodienne.
On ne peut plus ignorer la connivence entre les grands groupes numériques et les sociétés numériques israéliennes qui collaborent amplement avec les organes de sécurité et d’espionnage de l’État hébreu et de la CiA. Pour cela il suffit de suivre les mouvements de protestations des ingénieurs et employés des grande groupes qui ont dénoncé cette collaboration lors de la guerre de Gaza.
Il parait que pendant des années, Israël (et la CiA) avaient piraté les caméras de surveillance à chaque carrefour de Téhéran ce qui leur a permis de suivre les déplacements quotidiens des forces de sécurité et des responsables iraniens dont Khamenei et, finalement, atteindre leur objectif.
Cette évidence ouvre une somme incalculables de questionnements:
– Est ce que tout pays qui a installé des caméras de surveillances aux carrefours et sur les avenues, ou même dans les rues de ses villes, est sujet à cet espionnage méthodique ou non?
– De même presque la majorité des caméras de sécurité privées sont portées par les réseaux dépendants de grands groupes numériques américains transmis par les satellites … américains (les films policiers où des centres de surveillances suivent en temps réel à travers les rues et les gares le « criminel », ne sont nullement le produit d’imagination, ces derniers temps plusieurs cas ont prouvé que … ce n’est pas du cinéma).
– Les pays alliés du Grand Sam sont-ils à l’abri de ce maillage méthodique de leur espace public (et privé) ? Les Pays du Golfe? l’Europe? La Russie, la Chine?
Ce sont des indiscrétions des milieux proches du ministre de la défense Pete Hegseth qui ont dévoilé ce procédé au « Financial Times » suite à l’assassinat de Khamenei. Mais les rumeurs concernant cet espionnage massif circulaient déjà dans les couloirs des services secrets en France.
Or le pays qui possède actuellement le plus vaste réseau de vidéosurveillance au monde c’est la Chine. Ce réseau massif, estimé entre 750 à 800 millions d’appareils, soit une caméra pour deux habitants, aide les autorités chinoises à tenir l’ordre et prévenir tout mouvement de masse.
Le site web chinois « Wanwei Readers », suggère que le président chinois Xi Jinping pourrait ordonner le retrait des caméras de surveillance à l’échelle nationale ou de le sécuriser. Parmi les équipements de surveillance récemment installés, plus de 35 % intègrent des capacités d’analyse IA embarquées, permettant la reconnaissance faciale et de la démarche en temps réel, l’alerte aux attroupements et la détection automatique des infractions routières.
La Chine dispose d’un réseau Internet largement contrôlé et surveillé par le gouvernement, ce qui lui permet de maintenir une certaine indépendance par rapport aux réseaux mondiaux. Cependant, en pratique, le réseau chinois reste connecté à l’infrastructure Internet mondiale, notamment via des liens internationaux permettant l’échange de données avec d’autres pays.
Malgré le fait que le gouvernement chinois a mis en place un système sophistiqué de censure, connu sous le nom de « Great Firewall », qui restreint l’accès à certains sites étrangers, filtre le contenu et surveille les activités en ligne.
En parallèle, la Chine a développé un solide réseau interne de serveurs pour promouvoir la souveraineté numérique. Elle dispose d’un réseau national relativement autonome en matière d’infrastructures et de contrôle, mais elle reste intégrée dans l’infrastructure Internet mondiale. Donc une brèche et l’accès aux réseaux de caméras éparpillés dans l’immense Chine, reste possible. Mais la seule protection c’est l’immensité des réseaux.
Le même problématique se pose pour la Russie, mais qui pour des raison de protection des sites nucléaires et les postes de commandement a un système de réseaux plus sophistiqué même s’il est moins moderne, mais beaucoup plus robuste et étanche à une pénétration du côté de l’infrastructure de l’internet mondiale.
Moscou possède également un réseau de caméra de surveillance russe qui pratique la surveillance faciale, connu sous le nom « FindFace »et produit par « NtechLab », qui est considéré comme le top de l’industrie de la technologie russe, mais qui est sous sanctions européennes.
La société qui produit « FindFace » le commercialise de façon « open », à de prix modeste comparativement, cela veut dire que les clients peuvent être des entreprises (ou des privés) qui installent des caméras pour des raison de sécurité, donc il passe par le réseau internet utilisé de façon normative en Russie, donc via l’infrastructure mondiale, ce qui permet aux grands groupes du numérique de se brancher sur les réseaux de caméras en Russie.
On arrive à l’Iran: une société iranienne « Rasadco » acquiert ce logiciel en 2019. Puis une autre société « Kama » va l’absorber en 2022 et va commercialiser ce logiciel en Iran. Parmi ses clients beaucoup d’entités gouvernementales, l’armée et les brigades des Gardiens de la révolution.
La boucle est bouclée.

