Face à Trump: L’Espagne tient tête l’UE … plie

Sanchez parle d’obligation morale, de Droit international, de l’ONU

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Bassam Tayara

On en est arrivé là: chercher dans la bouche de responsables américains des termes pour décrire les comportements des Européens!
Sinon comment décrire la réaction de l’Union européenne aux menaces du président Trump adressées à l’Espagne?

Allons piocher dans la besace de J. D. Vance vice-président américain, on trouve des termes utilisés lors de son passage à Munich en 2025 pour tancer l’UE: Couardise? Lâcheté? ou Poltronnerie ?

Eh oui pour « défendre » un membre de l’UE, son porte-parole, crie haut et fort que l’UE est «prête à réagir» pour défendre ses intérêts et a précisé : «Nous sommes solidaires de tous les États membres et de leurs citoyens.» Une allusion claire-obscure à l’Espagne, sans citer son nom.

Brebis galeuse au sein de l’Union européenne, Madrid, lors de la guerre de Gaza, a pris une position très saillante dans sa critique de l’offensive israélienne. Mais de façon plus générale elle suit une politique étrangère propre, quitte à se différencier de ses partenaires y compris dans le domaine militaire.

Pour l’Espagne de Pedro Sanchez pas question de consacrer 5 % du PIB aux dépenses militaires, comme l’exige Trump.
Reçu dans le Bureau ovale, mardi, le chancelier Merz ne s’est pas privé de critiquer Madrid en affirmant à Donald Trump que l’Espagne devrait «au moins atteindre la barre des 3,5 %», contre 2 % aujourd’hui. Merci le partenaire.
À la tête d’un des rares partis socialistes au pouvoir dans l’Union européenne, Sánchez se veut le champion de la social-démocratie dans le monde contre la politique d’un libéralisme tout azimut, un libéralisme sauvage incarné par le président américain.

et de la souveraineté espagnole sur les base militaire de l’Otan en Espagne. Pedro Sánchez empêche les États-Unis d’utiliser les bases espagnoles pour leur opération contre l’Iran.  Une résistance contre la coalition israélo-américaine qui a suscité la réaction brutale de Trump « il a menacé de cesser tout commerce avec l’Espagne ».

Cette situation place le dirigeant espagnol dans une position de fragilité auprès de ses alliés européens et un peu dans son pays, où son gouvernement, minoritaire, est de plus en plus menacé par des droites que les sondages placent en tête.

Le leader de l’opposition conservatrice, Alberto Núñez Feijóo, n’hésite pas à lui lancer: «Si l’Iran vous remercie et si les États-Unis vous considèrent comme un terrible allié, c’est que votre politique étrangère a failli.»

Mais cette posture « morale » resserre les liens au sein d’une gauche fragmentée, et est soutenue par Gabriel Rufián, dirigeant du parti catalan modéré Esquerra Republicana, qui tente de construire une vaste union de la gauche radicale.

Les journaux de droite se donnent à Cœur joie pour critiquer le Premier ministre «Les indéniables excès du président américain et ses recours au chantage ne valident pas pour autant la stratégie de Sanchez», écrit le journal El Mundo dans un édito. Le quotidien conservateur ABC se montre plus dur encore et fustige le fait que «l’animosité idéologique contre la Maison Blanche rapproche aujourd’hui l’Espagne de l’Iran»!

Mais tout le monde politique s’accorde sur le fait que le peuple espagnole, soutient les actes de bravoure de Sanchez, preuve en ait que sa décision de régulariser 400 milles immigrés, politique épouvantail pour les conservateurs américains, n’a soulevé aucune objection dans l’opinion publique, contrairement aux critiques venues d’outre atlantique.

En fin de compte la colère de Trump peut renforcer Sánchez, mais peut aussi affaiblir cette Europe déjà faible qui se plie aux désidératas du président américain.

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