Trump pour une intervention syrienne contre Liban
Trump pour une intervention syrienne contre le Hezbollah au Liban
Presse-Net
Le président américain Donald Trump recourt fréquemment à la répétition de idées pour faire pression et faire accepter ses idées et ses exigences par les parties concernées. Depuis deux semaines, il n’a pas arrêté d’évoquer la possibilité d’une intervention syrienne contre le Hezbollah au Liban.
Le scénario que Trump décrit est très difficile à exécuter.
Premièrement, il est notoire que la haine envers le Hezbollah est profondément ancrée au sein de la population syrienne et que le désir de vengeance du plus proche allié au régime banni des Assad présent avec force. Cette animosité transparaît clairement dans les commentaires publiés sur les réseaux sociaux et les sites d’information.
Peut-être Trump se base sur les annonces du régime syrien de démantèlement de ce qu’il qualifie de « cellules terroristes liées au Hezbollah ». Bien que le Hezbollah publie systématiquement des communiqués niant ces allégations, la répétition de cette accusation relève indubitablement de la guerre psychologique, sans pour autant avoir de véritables implications.
Parallèlement, l’idée de déployer les forces syriennes sous le commandement du président Ahmed al-Charei pour combattre le Hezbollah circule depuis un certain temps au sein de l’administration américaine actuelle. L’ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, également envoyé spécial du président américain pour la Syrie et l’Irak, est l’un des responsables à promouvoir cette idée lors de ses réunions régionales.
L’objectif stratégique des États-Unis est d’éliminer l’influence du Hezbollah, allié de l’Iran, que Washington considère comme un obstacle majeur à l’extension des accords d’Abraham au Liban.
Les dirigeants syriens sont parvenus à éviter de mettre en œuvre cette demande en invoquant des obstacles pratiques matériels géopolitiques :
– Que se passerait-il si l’Iran bombardait la Syrie avec des missiles balistiques pour aider son allié?
– Que se passerait-il si des factions armées irakiennes fidèles à Téhéran lançaient une attaque sur le territoire syrien ?
– Que se passerait-il si une telle opération affaiblissait la capacité de l’armée à contrôler la situation intérieure?
– Comment faire pour ne pas perdre le contrôle des régions kurdes, druzes et alaouites ?
Tous les observateurs s’accordent à dire qu’une confrontation entre les Syriens et les combattants du Hezbollah dégénérait en une guerre d’usure longue et dévastatrice pour les deux pays.
Tout le Moyen-Orient pourrait s’embraser
Mais le régime syrien profite de ces suggestions pour avancer des demandes matérielles: une longue liste. Les Syriens demandent la fourniture à l’armée de chars et de véhicules blindés modernes, de l’artillerie de campagne, de drones d’attaque et d’importantes quantités de munitions… Cela pour compenser tout ce que les Israéliens ont détruit dans le sillage de la chute de Bashar!
Ils demandent également, dans le cas d’une bataille qu’une couverture aérienne lui soit assurée pendant toute la durée des opérations ainsi que des missiles défensifs et intercepteurs.
De plus, si l’armée syrienne franchit la frontière libanaise, le conflit se transformera inévitablement en une guerre contre l’ensemble du Liban.
La mémoire collective libanaise n’a pas oublié les désastres qui ont frappé le Liban lorsque l’armée syrienne est intervenue en 1976 contre les combattants de l’Organisation de libération de la Palestine et du Mouvement national… pour sauver les forces chrétiennes, avant de se transformer en armée d’occupation.
Par conséquent, toute nouvelle intervention militaire syrienne est inacceptable pour le Liban, quelles que soient les justifications invoquées, et tous – armée, partis politiques et autres forces politiques – s’y opposeront. Le Hezbollah ne sera pas seul face à elle.
Même Israël, qui se méfie du nouveau régime syrien et le considère comme une menace pour sa sécurité, au même titre que toutes les autres menaces à ses frontières, rejette toute intervention syrienne contre le Hezbollah!
En effet, Israël estime que le remplacement de la hiérarchie militaire disciplinée du Hezbollah par des hommes armés les anciens de l’État islamique et des dissidents d’Al-Qaeda venus du monde entier à sa frontière nord constituerait une double menace.
Tel-Aviv ne cherche actuellement auprès de Damas que le contrôle de la frontière syro-libanaise afin d’empêcher le Hezbollah d’importer davantage d’armes et de munitions.

