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Israรซl vole les oliviers du Sud Liban

JM (par collectif)
Ils n’ont pas รฉtรฉ emportรฉs par la tempรชte.
Ils n’ont pas succombรฉ au poids des siรจcles.
๐๐ฅ๐ฌ ๐จ๐ง๐ญ ๐ฬ๐ญ๐ฬ ๐๐ซ๐ซ๐๐๐ก๐ฬ๐ฌ. ๐๐จ๐ฅ๐ฬ๐ฌ.
Au sud du Liban, des oliviers centenaires ont รฉtรฉ dรฉracinรฉs volontairement, comme on efface une mรฉmoire, comme on vole une histoire.
Qui condamnera ces blessures faites ร la terre ?
Qui pleurera ces gรฉants aux bras de lumiรจre, tรฉmoins silencieux des gรฉnรฉrations passรฉes ?
On dira : ยซ ๐’๐๐ฌ๐ญ ๐ฅ๐ ๐ ๐ฎ๐๐ซ๐ซ๐. ยป
Comme si ce mot pouvait tout justifier.
Comme s’il pouvait absoudre l’inacceptable, effacer les cendres et apaiser les consciences.
Mais dites-moi…
๐๐ง ๐ช๐ฎ๐จ๐ข ๐ฎ๐ง ๐จ๐ฅ๐ข๐ฏ๐ข๐๐ซ ๐๐๐ง๐ญ๐๐ง๐๐ข๐ซ๐ ๐๐ฌ๐ญ-๐ข๐ฅ ๐๐จ๐ฎ๐ฉ๐๐๐ฅ๐ ?
Quel crime a commis cet arbre qui n’a jamais portรฉ d’autre arme que ses branches tendues vers le ciel, symbole universel de paix ?
Ses racines plongeaient dans la mรฉmoire des ancรชtres.
Son tronc racontait les siรจcles.
Ses fruits nourrissaient les familles.
Son ombre protรฉgeait les voyageurs.
Et son silence enseignait la patience.
En l’arrachant, ce n’est pas seulement un arbre que l’on vole.
C’est un hรฉritage.
Une mรฉmoire.
Une identitรฉ.
Une part de l’รขme d’une terre.

Je refuse que l’on appelle cela un simple dommage de la guerre.
Car arracher un olivier centenaire n’est pas une fatalitรฉ.
C’est un acte dรฉlibรฉrรฉ.
Un geste qui dรฉpasse la destruction matรฉrielle :
il s’attaque aux racines mรชmes d’un peuple et ร ce qui le relie ร son histoire.
Un olivier ne connaรฎt ni les frontiรจres, ni les drapeaux, ni les haines des hommes.
Il offre son huile sans distinction, son ombre ร chacun, et son espรฉrance aux gรฉnรฉrations futures.
Alors je pose cette question, avec gravitรฉ :
๐๐ฎ๐ข ๐๐จ๐ง๐๐๐ฆ๐ง๐๐ซ๐ ๐๐๐ฌ ๐๐๐ญ๐๐ฌ ?
๐๐ฎ๐ข ๐จ๐ฌ๐๐ซ๐ ๐๐ข๐ซ๐ ๐ช๐ฎ๐ ๐ฏ๐จ๐ฅ๐๐ซ ๐๐ญ ๐๐ฬ๐ซ๐๐๐ข๐ง๐๐ซ ๐ฎ๐ง ๐จ๐ฅ๐ข๐ฏ๐ข๐๐ซ ๐๐๐ง๐ญ๐๐ง๐๐ข๐ซ๐, ๐’๐๐ฌ๐ญ ๐ฏ๐จ๐ฅ๐๐ซ ๐ฎ๐ง๐ ๐ฉ๐๐ ๐ ๐๐ฎ ๐ฉ๐๐ญ๐ซ๐ข๐ฆ๐จ๐ข๐ง๐ ๐๐ ๐ฅ’๐ก๐ฎ๐ฆ๐๐ง๐ข๐ญ๐ฬ ?
Pourtant, l’olivier garde un secret que les hommes oublient trop souvent :
mรชme blessรฉ, il cherche ร renaรฎtre.
Mรชme mutilรฉ, il s’accroche ร la vie.
Et tant qu’il restera une racine dans cette terre meurtrie, il rappellera au monde que la mรฉmoire ne se dรฉracine pas, que l’espรฉrance survit aux violences, et que la paix demeure plus forte que la haine.
Car les oliviers n’ont pas de voix.
Alors, avant que le silence ne devienne complice, soyons leur voix.
JM

