USA: 2 000 diplomates ont quitté le corps diplomatique l’an dernier

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Correspondance (Presse-Net)

Que se passe-t-il dans le département d’État américain? Une question légitime quand on connaît un qu’il y un exode sans précédent de diplomates de carrière.
Beaucoup d’alertes provenant de responsables actuels et anciens, sur le fait que l’administration du président Donald Trump affaiblit l’un des principaux instruments de soft power des États-Unis à l’échelle mondiale. Cela se passe au moment même où le pays est confronté à une vague de crises internationales, du Moyen-Orient à l’Europe en passant par l’Afrique.

Selon l’Association américaine du service extérieur, près de 2 000 diplomates ont quitté le corps diplomatique l’an dernier, suite à des licenciements ou à des départs à la « retraite obligatoires ». Ces départs entraînent la perte de plusieurs décennies d’expérience en gestion de crise, en négociation et en relations internationales, ainsi que des compétences linguistiques spécialisées dans lesquelles le gouvernement américain avait investi des années et des ressources considérables.

S’exprimant sur NBC News, des responsables actuels Département d’État, qui ont gardé l’anonymat, ont averti que cet exode massif représente non seulement une perte au niveau humain, mais aussi la perte d’un atout considérable : l’expérience institutionnelle en matière de gestion de crise, de négociation et de relations internationales, ainsi que des compétences linguistiques spécialisées.

L’administration Trump retire des nominations de dizaines de diplomates de carrière des plannings établis au sein du département. Alors que nombre de diplomates s’attendaient à poursuivre leur carrière à des postes de direction et d’encadrement ils se retrouvent confrontés à de nouvelles réalités qui les contraint à partir. Le sentiment de n’avoir aucun avenir professionnel au sein du Département rend ces départ inévitables.

L’administration Trump a commencé à rappeler une trentaine d’ambassadeurs déjà en poste à l’étranger. Conformément à la loi régissant le service diplomatique américain, un ambassadeur de retour à Washington dispose de 90 jours maximum pour trouver un nouveau poste au sein du département d’État, faute de quoi il est contraint à une retraite anticipée. D’anciens responsables indiquent que les options offertes à ces ambassadeurs étaient extrêmement limitées, rendant la retraite anticipée la seule issue pour nombre d’entre eux.

D’anciens responsables affirment que le contrôle politique des nominations et des promotions a atteint des niveaux sans précédent. Ce contrôle ne se limitait plus à l’examen de l’activité politique des diplomates eux-mêmes, mais s’étendait, dans certains cas, à l’étude de l’activité sur les réseaux sociaux des membres de leur famille et de leurs dons politiques.
Les détracteurs de l’administration Trump soutiennent que ces mesures ont envoyé un message clair à de nombreux diplomates : le pouvoir ne les considère plus comme des instruments de la politique étrangère, mais plutôt comme des obstacles au programme de la nouvelle administration.

L’impact de ce changement est clairement visible dans la représentation diplomatique américaine à travers le monde. Selon les données de l’American Foreign Service Association, près d’une centaine de missions diplomatiques américaines fonctionnent actuellement sans ambassadeur accrédité, soit plus de la moitié des ambassades américaines dans le monde.

Au Moyen-Orient, où les États-Unis continuent de gérer les conséquences de leur confrontation avec l’Iran et les tensions régionales qui en découlent, près de la moitié de leurs missions diplomatiques fonctionnent sans ambassadeur, notamment celles dans quatre pays du Golfe. Les ambassades américaines au Qatar et au Pakistan sont également dépourvues d’ambassadeur, malgré le rôle crucial joué par ces deux pays dans la médiation et les négociations entre Washington et Téhéran. D’anciens diplomates affirment que l’absence d’ambassadeurs et de responsables expérimentés a contribué à la confusion qui a entouré l’évacuation des citoyens américains lorsque l’Iran a commencé à riposter aux opérations militaires américaines dans la région en mars dernier.

En Afrique, les données indiquent que plus de 75 % des pays africains n’ont pas d’ambassadeur américain accrédité, alors même que le continent est confronté à des défis croissants, notamment l’épidémie d’Ebola, que l’Organisation mondiale de la Santé a déclarée urgence de santé publique de portée internationale.

Les changements internes sont décrites et suscitent de vives inquiétudes parmi les employés du Département d’État, notamment les modifications apportées au système d’évaluation des performances et de promotion. Un nouveau système a été adopté, limitant le nombre d’employés pouvant obtenir les meilleures évaluations annuelles, ce qui pourrait avoir un impact direct sur leurs chances de promotion et de maintien en poste.
La notion de « loyauté » a également été ajoutée à la liste des critères clés utilisés pour évaluer les diplomates. Les détracteurs de cette mesure estiment que lier l’avancement de carrière à la loyauté politique pourrait menacer le professionnalisme et l’impartialité du corps diplomatique américain, qui a traditionnellement travaillé avec les administrations républicaines et démocrates.

Le rapport note que les diplomates de carrière de haut rang sont désormais largement absents des grandes négociations internationales menées par l’administration américaine.
Au lieu de s’appuyer sur les experts du Département d’État, les dossiers sensibles relatifs à la guerre en Ukraine et à la confrontation avec l’Iran ont été confiés à des proches de Trump, comme son gendre Jared Kushner et son ami proche Steve Witkopf.

Plusieurs anciens ambassadeurs et fonctionnaires, estiment que l’administration considère le personnel professionnel du Département avec suspicion, préférant s’en remettre à un cercle restreint de personnalités politiques et de proches du président. Cette situation alimente les inquiétudes quant au déclin de la capacité des États-Unis à gérer leurs crises internationales avec la même efficacité qu’au cours des dernières décennies.

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