Que fait Erdogan? … et Pourquoi ?

Sa survie politique est entre l'Organisation de coopération de Shanghai et l'Otan et réussir à réunir Poutine et Zelensky sur une table de Paix

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Bassam Tayara

Que fait le président turc Recep Tayyip Erdogan pour garder son pays sur la scène mondiale? … Et pourquoi?
Équilibriste entre l’Est et l’Ouest, membre de l’Otan n’appliquant pas les sanctions contre la Russie, mais tout en cherchant à renforcer les relations de la Turquie avec les États-Unis en livrant des drones à l’Ukraine mais en renforçant également ses relations économiques avec cette même Russie.
Un grand connaisseur des hauts et des bas de la politiques à Ankara nous dit avec sourire: « Erdogan travaille sa prochaine campagne pour un nouveau mandat ! ».
C’est que cette question: « que fait et où va Erdogan? » se pose avec force à toutes les strates de la politiques intérieure turque.
Est-ce une politique de neutralité? ou bien une politique de sauver les meubles de son mandat qui approche de sa fin? Et la grande question est:  «  en quoi cette acrobatie est profitable à la mère patrie la Turquie? ».

Entre une visite à Samarcande au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai axe extrême-Oriental et un séjour à New York à l’axe de l’extrême-Ouest (occidental) lors des réunions de l’Assemblée générale des Nations Unies, ses déclarations avaient un goût « faire valoir le rôle que la Turquie peut jouer sur la scène mondiale ».
En Ouzbékistan, Erdogan a eu d’importantes rencontres avec le président russe Vladimir Poutine, le chinois Xi Jinping et l’iranien Ibrahim Raïsi. La Turquie n’étant membre de la « l’Organisation de Coopération de Shanghai », la participation de son président au Sommet de Samarcande a été une occasion pour l’axe extrême-Oriental de montrer à l’Occident que la Turquie pouvait glisser vers eux.
Mais cette glissade n’a pas eu lieu et Erdogan a utilisé posture comme un levier pour s’opposer à toute réticence à l’encontre d’un renforcement des relations turco-occidentales.
Un rapprochement avec ce « grand Occident » lui serait d’une grande utilité sur la scène intérieure. Mais cet Occident lui ferme la porte de l’Union européenne et critique sa politique répressive à l’encontre des opposants kurdes et turque ses actions militaires contre les Kurdes en Syrie et en Iraq.
Erdogan est frustré que ses actions ne soient pas appréciées à leur juste valeur en Occident, à New York il met en évidence la réussite du « corridor céréalier » de l’Ukraine vers le monde, également l’aboutissement de l’échange de prisonniers entre Moscou et Kiev. Même s’il n’insiste pas beaucoup sur la livraison des drones à Kiev, mais pour lui c’est acte il le considère comme majeur dans l’avancée des forces ukrainiens, qui mérite une récompense.
Beaucoup de rencontres à NewYork avec un carré vide dans son programme qui ne fut pas rempli par une rencontre avec Joe Biden!. Or pour la scène intérieur turque ce sont les liens avec les USA qui peuvent booster sa candidature prochaine.

L’échec d’Erdogan à rencontrer Biden est le résultat des relations turco-américaines qui sont en froid: des nombreux dossiers entre Ankara et Washington brouillent leurs relations: les missiles S-400 acquis auprès de la Russie, le refus de Washington d’améliorer les performances des chasseurs américains F-35 et F-16, s’ajoute à tout cela la question kurde.
Le sentiment chez l’entourage du président turque est que « cet Occident » tente de « renverser » Erdogan lors de la prochaine échéance présidentielle.
Se jeter dans les bras de l’axe sino-russe équivaudrait à une sortie programmée de l’Otan, ce que tous les sondages auprès de l’opinion publique turque montre comme une ligne rouge à ne pas franchir, le parapluie de l’organisation atlantique restant une garantie de sécurité absolue pour les Turcs.
D’ailleurs Pékin et Moscou savent très bien que les sentiments d’Erdogan épousent les décideras de son peuple, et ne veulent absolument pas lui servir de courte-échelle.
La seule carte que peut avoir Erdogan pour pour gagner sur des tableaux c’est de réussir à organiser une « table de négociation paix » réunissant Poutine et Zelenski pour en finir avec cette guerre qu’aucun des deux béligérents ne peut gagner de façon décisive. L’avantage pour la Turquie est qu’elle est le seul pays à entretenir des relations « chaleureuses » avec les deux protagonistes.
Si Erdogan réussit son « coup pour la paix » il pourrait prétendre concurrencer l’Egypte pour une siège permanent au Conseil de sécurité. Car toute ouverture de ce dossier de réformes du Conseil de sécurité doit prendre en compte la nécessité d’accepte « un grand pays musulmans » or entre l’Egypte et la Turquie … il y a photo auprès de l’Otan.

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